Contexte et orientations budgétaires

11 janvier 2013

Le budget prévoit que l'économie québécoise ne tournera pas à plein régime au cours des années 2012 à 2014. La croissance économique faible se répercute sur les revenus que l'État tire des taxes et des impôts. Malgré le manque à gagner que cela occasionne, le gouvernement a choisi de ne pas reporter l'équilibre budgétaire qu'il souhaite atteindre dès 2013-2014.

Le budget prévoit que l'économie québécoise ne tournera pas à plein régime au cours des années 2012 à 2014. La croissance économique faible se répercute sur les revenus que l'État tire des taxes et des impôts. Malgré le manque à gagner que cela occasionne, le gouvernement a choisi de ne pas reporter l'équilibre budgétaire qu'il souhaite atteindre dès 2013-2014. Pour y arriver, il doit résorber une « impasse » budgétaire de 1,4 milliard de dollars (G1$) pour cette année. Il compte combler ce manque à gagner en trouvant de nouveaux revenus (environ 1/3 de l'effort, soit 458 millions) et en effectuant un contrôle serré ou en réduisant les dépenses des divers ministères et organismes (quelque 2/3 de l'effort, soit environ 1,2 milliard).

Tableau 1 : Mesures visant l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2013-2014

La priorité accordée au retour à l'équilibre budgétaire a des conséquences. La croissance des budgets consacrés aux programmes et services publics, excluant les intérêts payés sur la dette, ne sera que de 1,8 % en 2013-2014. Ce taux constitue la plus faible augmentation de dépenses des 14 dernières années. Le graphique 1, qui provient du MFQ, montre que, dans une perspective historique, cette croissance de 1,8 % des dépenses constitue un creux relativement important. À titre de comparaison, la moyenne de croissance des dépenses pour les années 2006-2007 à 2009-2010 était de 5,6 %. Le budget Marceau s'inscrit dans la continuité de l'austérité mise en place par les libéraux.

Un contrôle rigoureux de la croissance des dépenses de programmes

La croissance des dépenses de 1,8 % constitue une moyenne pour l'ensemble des ministères et des organismes. Le tableau 2 présente la variation des enveloppes budgétaires pour quelques ministères.

Croissance des dépenses de certains ministères en 2013-2014

L'enveloppe du ministère de la Famille augmente sensiblement (3,2 %) afin de financer la création des nouvelles places en garderie. Cependant, d'autres ministères, incluant ceux de la Santé et l'Éducation, devront composer avec des augmentations de budgets couvrant à peine la hausse de ce qu'on appelle les « coûts de système » (c'est-à-dire les coûts de rémunération, de fonctionnement, d'équipement, etc.). Plusieurs ministères doivent absorber des réductions de budget plus ou moins importantes qui s'ajoutent à plusieurs années de rigueur budgétaire.

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1. Dans ce texte, « G » fait référence à milliard et « M » à million.
2. La différence entre « l'impasse » budgétaire de 1,4 G$ et les mesures totalisant 1,7 G$ sert à financer les nouvelles mesures annoncées dans le budget et comme provisions pour éventualités.