Claude Girard, Conseiller CSQ

L'action syndicale, plus pertinente que jamais

13 mars 2017

Marie-Noëlle Albert et Geneviève Baril-Gingras

Marie-Noëlle Albert et Geneviève Baril-Gingras

Être syndiqué, c'est bon pour la santé. Les études le démontrent.

Mais c'est encore mieux lorsque les syndicats agissent significativement sur les conditions d'emploi et de travail affectant la santé et la sécurité, y compris la santé mentale au travail.

Une action syndicale essentielle

Geneviève Baril-Gingras1 souligne que l'alourdissement de la charge de travail et la précarisation entrainent un repli sur soi des individus qui tentent de sauver leur peau. Difficile alors de s'engager sur le plan syndical. Pour contrer cette tendance, il faut agir collectivement sur la surcharge et l'environnement psychosocial.

De nombreux moyens d'action

Elle ajoute que les moyens sont nombreux et peuvent être regroupés en deux catégories : la réduction des exigences quantitatives et les mesures pour faciliter la réalisation de la tâche.

Certaines interventions, plus traditionnelles, s'appuient sur la Loi sur la santé et la sécurité du travail : plaintes, refus de travailler, démarches paritaires, etc. D'autres sont réalisées par la négociation locale, sectorielle ou nationale en revendiquant, notamment, un plancher d'emploi, un ratio, des protections contre le contrôle du rendement, etc.

On peut également recourir à des moyens autonomes, tels qu'une plainte au Protecteur du citoyen, une alliance avec des organisations communautaires, une collaboration avec des chercheurs ou une campagne dans les médias.

Une solidarité fondamentale

Quels que soient les moyens choisis, la solidarité est fondamentale. Les membres doivent se mobiliser pour des revendications touchant leur quotidien. Dans ce même esprit, Marie-Noëlle Albert2 plaide pour la création, dans les milieux, de communautés de personnes.

Elle rappelle que le travail en vase clos et les mesures de contrôle du travail démobilisent le personnel et entrainent des problèmes de santé et de sécurité du travail, ainsi que de la détresse psychologique.

En permettant aux gens de collaborer et de dialoguer, on rend possibles la solidarité, l'entraide, la confiance et la reconnaissance. Et cela améliore radicalement le climat du travail, en plus d'avoir des effets importants sur la prévention de la santé et de la sécurité du travail.


1 Geneviève Baril-Gingras, professeure titulaire au Département des relations industrielles de l’Université Laval, était conférencière au forum CSQ sur l’organisation du travail.
2 Marie-Noëlle Albert, professeure au secteur disciplinaire des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Rimouski, était également conférencière au forum.