Luc Allaire, Conseiller CSQ aux relations internationales

Ségrégation raciale : les écoles new-yorkaises sont les plus touchées

11 mars 2016

Anthony Harmon, président du bureau régional new-yorkais de l'Association nationale pour l'avancement des gens de couleur (National Association for the Advancement of Colored People – NAACP)

Anthony Harmon, président du bureau régional new-yorkais de l'Association nationale pour l'avancement des gens de couleur (National Association for the Advancement of Colored People – NAACP)

Anthony Harmon est président du bureau régional new-yorkais de l'Association nationale pour l'avancement des gens de couleur (National Association for the Advancement of Colored People – NAACP). À ce titre, il collabore avec un groupe de travail de l'American Federation of Teachers (AFT) sur l'équité raciale en éducation.

Les défis de la NAACP sont énormes dans le secteur de l'éducation. Les écoles de New York sont celles où la ségrégation est la plus forte aux États-Unis. Une situation qui s'explique par le fait que, à quelques stations de métro de distance, on passe de quartiers très défavorisés dans le Bronx aux quartiers les plus riches à Manhattan. La solution, selon Anthony Harmon, serait de permettre aux élèves noirs des quartiers défavorisés de fréquenter les écoles blanches des quartiers huppés. « Pour cela, il ne faudrait plus que le critère pour fréquenter une école soit le code postal », dit-il.

Pour lui, il est nécessaire d'adresser les enjeux de l'équité et de la justice dans le système scolaire, en commençant par dire la vérité aux personnes en autorité. C'est ainsi que l'AFT a organisé des rencontres dans les milieux où les gens ont pu décrire la discrimination qu'ils vivaient. « Des Blancs ont été estomaqués lorsqu'ils ont entendu de jeunes Noirs parler de la discrimination quotidienne qu'ils subissent : être suivis dans un magasin simplement parce qu'ils sont Noirs, par exemple. »

Dans le rapport qui a été produit, on compte plusieurs recommandations pour améliorer la situation dans les écoles. La première consiste à financer des programmes qui fourniront des solutions de rechange aux suspensions hors de l'école. Pour Anthony Harmon, « il est essentiel que les suspensions ne soient pas perçues comme des congés, mais qu'elles soient l'occasion d'offrir des opportunités éducatives qui ont du sens, principalement pour les étudiants noirs qui font le plus souvent l'objet de ces suspensions », conclut le conférencier au Rendez-vous CSQ de l'éducation.