Christopher Young, Conseiller FIPEQ-CSQ aux communications

Le milieu familial public, un milieu à connaître

11 mars 2016

Partout au Québec, des dizaines de milliers d'enfants passent leurs journées dans des services de garde en milieu familial publics régis et subventionnés. Moins connus que les centres de la petite enfance (CPE), ces services de garde n'en sont pas moins une pierre angulaire du réseau public québécois de la petite enfance.

« C'est un milieu sain et encadré, un milieu où les enfants peuvent acquérir leur autonomie, un milieu qui est supervisé et où les enfants s'épanouissent grandement », explique la présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) du Centre-du-Québec, France Lafond.

Contrairement aux garderies privées non subventionnées, les services de garde en milieu familial publics sont régis et supervisés par le gouvernement. Les enfants y sont en très petits groupes : un maximum de six, ou neuf si la responsable a une assistante.

« Ça rejoint beaucoup les écoles, on part avec l'enfant tout jeune et on l'amène vers l'école », ajoute Kathy Côté, présidente Bas-Saint-Laurent de l'Alliance des intervenantes en milieu familial Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Les enfants, la priorité absolue

En plus de superviser le train-train quotidien des enfants dont elles ont la charge (jeu libre, lunch, collations, sorties extérieures fréquentes, etc.), les responsables d'un service de garde mettent également en place des séances de jeu supervisées, visant à encourager le développement de l'enfant. On y fait, par exemple, du bricolage ou de la peinture afin d'apprendre les lettres, ou de développer la motricité fine de l'enfant. On y applique également des éléments du programme éducatif encadré par le gouvernement.

Pour France Lafond, un des principaux défis, c'est de se renouveler constamment. « Il ne faut pas que ça reste routinier. Il faut toujours chercher des nouvelles choses pour que ce soit agréable pour les enfants. »

L'autre facette du métier

Mais le travail des responsables d'un service de garde est loin de se limiter aux moments passés avec les enfants. « On n'est pas seulement responsable d'un service de garde : on fait aussi l'entretien, la cuisine, l'administration, la comptabilité, bref on s'occupe de tout dans notre service de garde », explique Kathy Côté.

De telles tâches impliquent de longues heures de travail le soir ou la fin de semaine. À titre d'exemple, Kathy Côté estime que, chaque semaine, elle devait travailler « facilement de 10 à 15 heures de plus que les heures passées avec les jeunes ».

Un gage de qualité

Les horaires chargés ne sont pas le seul défi auquel les responsables d'un service de garde doivent faire face. Avec la modulation des frais de garde annoncée par le gouvernement libéral, au printemps dernier, de nombreux parents ont malheureusement décidé de migrer vers les garderies privées.

Pourtant, la qualité est loin d'être aussi assurée dans le privé qu'au sein d'un service de garde en milieu familial régi et subventionné. « On a des visites surprises d'inspecteurs que le privé n'a pas », explique Kathy Côté. Ces visites servent, par exemple, à s'assurer que les produits toxiques sont hors de la portée des enfants, que les objets dangereux pour les enfants sont cadenassés.

Les responsables d'un service de garde espèrent que leur travail et leur dévouement seront davantage valorisés et respectés par le gouvernement au cours des prochains mois. D'ici là, elles continueront de s'occuper des dizaines d'enfants qui leur sont confiés comme elles savent si bien le faire.

Vous cherchez un milieu de qualité pour votre enfant ?

Le site monmilieufamilial.org permet de trouver une place en milieu familial régi et subventionné, chez une responsable syndiquée à la CSQ.