Louise Chabot, Présidente de la CSQ

Entre nous

9 mai 2016

Louise Chabot, Présidente de la CSQ

Louise Chabot, Présidente de la CSQ

Un grand syndicaliste nous a quittés. Yvon Charbonneau, président de la CEQ de 1970 à 1978 et de 1982 à 1988, s'est éteint, en avril dernier, à l'âge de 75 ans. Nous sommes attristés par le départ de ce grand homme, qui a marqué l'histoire du syndicalisme et celle de notre centrale. Durant son parcours, au cours duquel il a été syndicaliste, politicien et ambassadeur, il a toujours milité avec force, combativité et droiture pour l'éducation, les droits de la personne et une plus grande justice sociale.

En 2014, lors du 40e anniversaire de la fondation de notre organisation, il nous a fait l'honneur de sa présence et nous a rappelé, avec la même conviction qu'à l'époque, ce moment marquant où la CEQ est passée d'une corporation à une centrale syndicale. C'est à lui que nous devons cette grande centrale qu'est devenue la CSQ : une force en éducation et dans plusieurs secteurs des services publics. Nous lui devons aussi cette idée des grands fronts communs, qui s'imposent désormais comme une nécessité. Rappelons aussi qu'en 1972, il a lutté jusqu'à être emprisonné, avec les présidents de la CSN et de la FTQ, Marcel Pepin et Louis Laberge, pour défendre nos droits.

Dans un article du magazine Forces, paru en 2014, Yvon Charbonneau a exposé sa vision de la conjoncture au Québec. Pour lui, il était clair que le gouvernement mènerait une bataille économique, mais surtout idéologique. Puis, il y alla de cette idée que, pour sortir du marasme, il faille un effort collectif, une mobilisation sociale sans précédent, où toute personne y mettrait du sien.

Je retiens, de cet entretien, une citation marquante : « Les conditions de travail des syndiqués ne peuvent évoluer de façon soutenue sans une évolution comparable de la société en général. Les syndicats ne peuvent être un îlot de progrès dans une mer de stagnation et de dégradation des conditions générales de travail et de vie. » Yvon Charbonneau venait à nouveau de livrer sa croyance profonde que les syndicats devaient se battre non seulement pour de meilleures conditions de travail, mais aussi pour une plus grande justice sociale. Merci, président Charbonneau, pour votre héritage syndical si inspirant.

Lorsque je pose mon regard sur notre dernière année de lutte syndicale, j'ai la profonde conviction que nous avons agi et riposté pour assurer l'équité et la justice sociale, et ce, sur plusieurs fronts. Tout d'abord, nous avons défendu nos conditions de travail et fait la promotion des services publics en petite enfance, en éducation et en santé et services sociaux. Puis, nous avons revendiqué, avec fierté et détermination, que cessent le saccage du bien commun et les attaques aux droits sociaux fondamentaux des Québécoises et Québécois.

Cette lutte n'est pas terminée : le gouvernement Couillard persiste dans son entreprise de démolition de notre tissu social. Tant qu'il ne changera pas de cap, nous continuerons à lutter pour le mieux-être de tous les Québécois et Québécoises.