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Marie-Eve Imonti et Claude Girard, Conseillers CSQ

À quoi carbure notre relève syndicale?

1 mai 2017

Suzie Hinse, David Melloul et France Brochu-Proulx

Suzie Hinse, David Melloul et France Brochu-Proulx

Inspirantes, loquaces et enthousiastes, elles ont plongé à vive allure dans l’univers syndical. Nouvelles CSQ a rencontré trois personnes militantes qui représentent bien le dynamisme de notre relève.

Un concours de circonstances

Enseignante au primaire dans les Bois-Francs, Suzie Hinse1 a découvert l’engagement syndical presque par hasard. « Lors de mon premier contrat, en novembre 2006, on m’a confié le remplacement d’une enseignante déléguée syndicale. Par la force des choses, j’ai pris sa relève sur ce plan également », raconte-t-elle.

Audacieuse, mais inexpérimentée, Suzie Hinse a eu la chance que la présidente de son syndicat, Nancie Lafond, la prenne sous son aile, lui expliquant le fonctionnement des pratiques syndicales et la mettant en contact avec des personnes expérimentées. L’année suivante, elle posait sa candidature à titre de déléguée, poste qu’elle occupe depuis onze ans.

La force des liens

Au fil des ans, l’enseignante est devenue une militante convaincue, un développement imprévu pour celle qui a grandi dans une famille sans affinité syndicale.

« Au départ, je cherchais surtout à créer des liens avec mes collègues. Puis, j’ai pris conscience de l’importance de la solidarité pour défendre nos conditions de travail et ce système d’éducation qui nous tient tant à cœur. »

À ses débuts, la direction de son école n’a pas été tendre. « J’ai fait mes premiers pas comme déléguée alors que j’étais précaire. Et l’employeur se faisait un plaisir de me le rappeler… Malgré cela, j’ai refusé de me laisser intimider et j’ai maintenu mon engagement. La précarité n’est pas une raison pour tout accepter! », explique-t-elle fièrement.

Des luttes inspirantes

Suzie Hinse milite maintenant au sein du Comité des jeunes de la CSQ. « Le comité nous permet d’en apprendre plus et d’échanger avec d’autres sur nos pratiques syndicales. Ces discussions sont précieuses et utiles, car, ultimement, les luttes que nous menons dans nos régions se ressemblent. »

La personne qui l’inspire le plus dans son engagement syndical? Sans surprise, elle répond : « La présidente de mon syndicat, Nancie Lafond, qui est là, dans les bons moments comme dans les plus difficiles, toujours à nos côtés et prête à se battre pour nous. »

S’engager pour ses collègues

Engagé socialement avant de l’être syndicalement, Davie Melloul2 a été travailleur de rue, en plus d’avoir fondé un organisme jeunesse. Depuis neuf ans, il est agent de sécurité et de prévention au collège Ahuntsic.

« Mon implication syndicale a commencé il y a trois ans. J’avais un dossier avec la CNESST3 et j’étais promené d’un bord à l’autre, sans trop comprendre ce qui m’arrivait. J’ai donc décidé de m’engager pour que mes collègues n’aient pas à vivre une telle expérience. Ça a si bien marché que ça continue! »

Un syndicat, c’est pas mal plus qu’un simple comptoir de services.

« Auparavant, le syndicalisme m’intéressait, mais je regardais cela de loin. Je n’ai jamais regretté d’avoir foncé. Aujourd’hui, chaque fois qu’il y a une manifestation, je suis fier et heureux d’entendre des gens prendre la parole pour défendre celles et ceux qui n’ont pas cette capacité. Voilà la vraie solidarité et l’entraide qui devraient nous unir. »

Changer la perception du syndicalisme

Ce qui le peine le plus est de rencontrer certains collègues qui comprennent mal ce qu’est le syndicalisme.

« Un syndicat, c’est pas mal plus qu’un simple comptoir de services. C’est un vaste mouvement de travailleuses et de travailleurs qui s’unissent pour défendre leurs conditions de travail, ainsi que leur vision de ce que devrait être une société plus juste. C’est à tous ces combats que doivent servir nos cotisations syndicales », poursuit Davie Melloul.

Il ajoute que le mouvement syndical, c’est avant tout des êtres humains qui se préoccupent du devenir de leurs collègues et de leurs concitoyens. Il raconte en souriant que, lorsqu’il participe à des sessions de la CNESST, un groupe d’enseignants de La Prairie a pris l’habitude de l’inviter à sa table, et une belle complicité s’est développée au fil du temps.

« Cette grande famille va bien au-delà de nos professions. C’est particulièrement vrai à la CSQ où, peu importe ton métier, tu fais partie de la famille et tu as ta place. Nous sommes tous égaux et solidaires », ajoute-t-il.

Joindre un grand mouvement

France Brochu-Proulx4 a commencé son emploi de responsable d’un service de garde en milieu familial (RSG) à Amos, en 2010, au moment où un grand vent de syndicalisation soufflait sur la profession.

« Je me sentais interpelée par cette volonté des RSG de prendre leurs conditions de travail en main. C’est ce qui m’a poussée à m’engager dans cette lutte pour la défense de nos droits. » Une expérience nouvelle pour celle qui ne connaissait pas le monde syndical.

Le soutien d’une équipe

« J’avais tout à apprendre! J’ai pu compter sur mes collègues de l’ADIM Abitibi-Témiscamingue qui étaient là depuis la naissance du syndicat. Elles m’ont tout appris. Ça s’est tellement bien déroulé qu’après avoir débuté comme déléguée, je suis devenue vice-présidente, en octobre 2012, un poste que j’occupe toujours. »

Des défis importants

France Brochu-Proulx reconnait que l’engagement syndical présente des défis quotidiens, à commencer par la conciliation famille-travail-militantisme.

« Quand on choisit de s’impliquer syndicalement, on le fait avec tout son cœur. On essaie d’y consacrer le plus de temps possible, mais il y a souvent conflit avec les obligations familiales. Il faut donc savoir organiser son horaire pour satisfaire tout le monde. »

Obstacle additionnel : l’isolement des RSG, chacune travaillant dans son milieu familial. « Puisque nous sommes dispersées sur un grand territoire, la socialisation est plus difficile. La communication entre les membres représente un défi constant. »

Un enrichissement personnel

France Brochu-Proulx apprécie d’autant plus les occasions de participer à des évènements avec d’autres militantes et militants de la CSQ. « Nous sommes un petit syndicat, et c’est très enrichissant de rencontrer des personnes qui ont des expériences différentes. »

Elle encourage toutes les travailleuses et tous les travailleurs syndiqués à s’engager dans leur syndicat. « C’est une très belle expérience de vie, et un bagage à mettre dans son sac à dos! »

Suzie Hinse, France Brochu-Proulx et Davie Melloul comptaient parmi les quelque 80 participantes et participants au camp de la relève syndicale de la CSQ, en avril dernier.


1 Suzie Hinse est membre du Syndicat de l’enseignement des Bois-Francs (CSQ).
2 Davie Melloul est membre du Syndicat du personnel de soutien du Collège d’Ahuntsic (CSQ).
3 Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.
4 France Brochu-Proulx est membre de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) de l’Abitibi-Témiscamingue (CSQ).