Lise Goulet, Conseillère CSQ

Centralisation des laboratoires médicaux - La lutte contre Optilab se poursuit

27 septembre 2016

Serge Vézina, président du STPL-BOUCLIER regroupé CSQ

Serge Vézina, président du STPL-BOUCLIER regroupé CSQ

Québec compte économiser des dizaines de millions de dollars en centralisant les laboratoires médicaux en douze grappes, privant du même coup plusieurs régions d'une expertise médicale essentielle.

« Les régions de Laval, des Laurentides et de Lanaudière constitueraient une seule grappe, soit la troisième plus volumineuse du Québec. Quant à l'Hôpital de la Cité-de-la-santé de Laval, il en serait le mégalaboratoire serveur. Seules les analyses urgentes, provenant de la clientèle hospitalisée et de l'urgence, seraient réalisées dans les centres actuels, qui deviendraient des centres satellites », explique Serge Vézina, président du STPL-BOUCLIER regroupé CSQ.

Pour le syndicat qui surveille attentivement l'évolution de cet enjeu depuis plusieurs mois, il n'est pas question de voir les régions des Laurentides et de Lanaudière être dépouillées de leurs ressources professionnelles.

« Avec le transfert des analyses et l'acquisition de multianalyseurs robotisés, qui feraient le travail de plusieurs technologistes médicaux, ce sont près de 73 % des postes qui migreraient vers le mégalaboratoire serveur de Laval. Des dizaines d'emplois sont en jeu. Et nous travaillons sur tous les fronts pour contrer ce virage! » poursuit le syndicaliste.

Une stratégie syndicale ancrée dans la région

L'équipe syndicale a sondé les laboratoires des centres hospitaliers touchés afin d'évaluer le nombre approximatif de technologistes médicaux nécessaires pour le fonctionnement des nouveaux centres satellites; elle a consulté plusieurs médecins spécialistes, qui ont fait part de leurs nombreuses préoccupations; elle a analysé les dispositions de la convention collective nationale sectorielle en lien avec les menaces de transfert de personnel; et surtout, elle collabore avec les ressources locales à l'élaboration d'une autre solution.

« À la lumière de nos travaux, nous appuyons la proposition d'association des CISSS du Nord et du Sud de Lanaudière, qui a été présentée par les médecins spécialistes de la région, en juillet 2014. L'objectif est simple : perfectionner les deux centres en répartissant les analyses non urgentes, ce qui permet d'éviter la multiplication des appareils par deux. La qualité et l'intégrité des échantillons s'en trouvent ainsi préservées grâce aux services de proximité. Une telle alliance pourrait se réaliser également entre les hôpitaux des Laurentides », explique Serge Vézina.

Il ajoute que cette proposition permettrait de conserver l'expertise régionale et de préserver des emplois de qualité, qui contribuent au développement économique des deux régions. « La centralisation et l'urbanisation des services de santé nuisent au développement des communautés rurales et s'opposent aux principes de développement durable. Une vision que ne partage absolument pas notre syndicat! » conclut Serge Vézina.

Optilab en bref

- Transport d'échantillons sur de grandes distances, entrainant des problèmes de sécurité, de stabilité et de traçabilité ainsi que des couts importants;
- Délais additionnels pour obtenir les résultats d'analyses et établir un diagnostic;
- Travail multidisciplinaire plus limité, les technologistes médicaux et plusieurs médecins spécialistes étant en relation constante;
- Recrutement des médecins spécialistes plus difficile en région;
- Pertes d'emplois par attrition d'abord, mais ensuite... Un plan de gestion de la main-d'œuvre est en cours d'élaboration;
- Aucune économie démontrée.