Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Single

Catherine Gauthier, Rédactrice en chef

Négociations du secteur public - Le personnel de l’État est prêt à se battre

14 octobre 2015

Au moment d'écrire ces lignes, le 5 octobre 2015, la mobilisation dans les rangs de la CSQ était loin de s'essouffler. Les membres venaient tout juste de voter à 81,8 % en faveur de mandats de grève de six jours, à exercer en Front commun, sur une base rotative et régionale ou nationale, et ce, en tenant compte de la conjoncture de la négociation. Ce vote venait non seulement envoyer un signal très clair au gouvernement, mais aussi accroître notre rapport de force afin d'en arriver à un contrat de travail négocié et satisfaisant.

« Au moment où nous en sommes rendus dans le processus de négociation, nous devrions avoir fait beaucoup plus de chemin, nous devrions être à la veille de conclure une entente si la partie patronale voulait réellement dialoguer. Nos membres ne veulent pas nécessairement faire la grève, mais le message qu'ils nous lancent, c'est qu'ils sont prêts à sortir en grand nombre dans la rue si nécessaire », a déclaré Louise Chabot en conférence de presse.

Des assemblées syndicales très courues

Rappelons qu'après un été passé à négocier, les discussions à la table centrale ainsi qu'aux tables sectorielles n'avaient pas beaucoup évolué au début du mois de septembre. Il était évident que les négociateurs de la partie patronale n'avaient alors toujours pas de marge de manœuvre réelle. C'est dans ce contexte que le Conseil général des négociations de la CSQ, tout comme ses partenaires du Front commun, a entamé la consultation sur la recherche de mandats de grève, tout comme la mobilisation sans précédent des membres.

Les assemblées syndicales qui ont suivi ont marqué des records de participation, tout comme la mobilisation sans précédant des membres. L'indignation envers l'attitude méprisante du gouvernement est très forte dans les rangs syndicaux, mais aussi dans la population.

« Je rencontre tous les jours des gens qui s'indignent de l'attitude du gouvernement. Ce ne sont pas uniquement les travailleurs du secteur public qui subissent les mesures d'austérité. Les négociations actuelles auront aussi un impact direct sur la population. Il donc impossible de rester les bras croisés quand le gouvernement maintient son entêtement à détruire les réseaux des services publics », ajoute-t-elle.

Des gestes d'éclat

Depuis des mois, les actions de mobilisation ne cessent de se multiplier partout au Québec. Par ces gestes d'éclat, les membres de la CSQ rappellent au gouvernement qu'ils n'acceptent pas de s'appauvrir, qu'ils refusent la non-reconnaissance des emplois dans les réseaux de l'éducation, de la santé et des services sociaux et que jamais ils ne permettront à la partie patronale d'éroder des acquis qui font la différence dans les emplois du secteur public, notamment à l'égard du Régime de retraite des employés du gouvernement et des autres organismes publics (RREGOP). Nouvelles CSQ présente un survol de quelques-unes des nombreuses actions de mobilisation depuis la fin août 2015.

« Nous tenons l'école à bout de bras ! »

Des membres de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) et de la Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ) ont manifesté, le 25 août, devant les bureaux montréalais du premier ministre du Québec. Les manifestantes et manifestants ont notamment rappelé à Philippe Couillard qu'ils tiennent littéralement l'école à bout de bras depuis plusieurs années. Ils ont aussi dénoncé le démantèlement du système d'éducation public québécois.

La CSQ mobilisée devant les bureaux du Conseil du trésor

Les personnes déléguées au Conseil général des négociations ont manifesté, tôt le 2 septembre, devant les bureaux du Conseil du trésor, à Québec, pour rappeler au ministre Coiteux que les travailleuses et travailleurs de l'État sont très sérieux dans leur démarche de négociation. « Nous sommes plus mobilisés que jamais ! Nous n'avons pas l'intention de laisser nos conditions de travail et de vie se détériorer davantage ! », a déclaré Louise Chabot, présidente de la CSQ.

Un automne chaud dans les cégeps

Les membres de la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES-CSQ), de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ) et de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) se sont également mobilisés pour dénoncer les offres inacceptables du gouvernement et les compressions dans le réseau de l'enseignement supérieur.

Une présence remarquée !

Plus de 2 000 enseignantes, enseignants et membres du personnel de soutien provenant de la FSE-CSQ et de la FPSS-CSQ se sont rassemblés, le 20 septembre, dans le cadre du Festival Western de Saint-Tite. Ils ont organisé une épluchette de blé d'Inde sur le parterre de l'église du village. Ils ont profité de ce moment pour témoigner qu'ils tiennent l'école à bout de bras et que travailler dans une école ou un centre, c'est parfois tout un rodéo. Ils ont aussi dénoncé les compressions en éducation.

Une manifestation historique

Plus de 150 000 personnes sont descendues dans les rues de Montréal, le 3 octobre, en appui aux revendications des 400 000 personnes salariées de l'État présentement en négociation pour le renouvellement de leurs conventions collectives. Solidaires des travailleuses et travailleurs du Front commun, elles ont dénoncé haut et fort ces négociations difficiles et le démantèlement des services publics.

Front Commun : plus de 150 000 personnes dans les rues de Montréal

« On ne se laissera pas faire ! »

Les membres de la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) se mobilisent contre les demandes de récupération patronale inacceptables. Si elles étaient appliquées, ces dernières ramèneraient les conditions de travail du personnel soignant 60 ans en arrière.

Le point sur la négociation dans le secteur de la santé

Assez, c'est assez !

Des membres du Syndicat des technicien(ne)s et professionnel(le)s de Lanaudière (CSQ) manifestant devant le Centre Hospitalier Régional de Lanaudière.