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François Beauregard, Collaboration

L’école à bout de bras, une « publiréalité

9 octobre 2015

Dominique Gagné, Pascale Pruneau et François Thériault ont accepté, momentanément, de sortir de leur fonction habituelle en éducation afin de participer à l'élaboration de la publicité L'école à bout de bras, que l'on peut voir sur nos écrans et entendre à la radio depuis quelques semaines. Nouvelles CSQ les a rencontrés pour recueillir leurs impressions lors du tournage.

Dominique Gagné est conseillère d'orientation à la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries et déléguée syndicale. Elle adore son travail. « Quand on choisit un métier comme le mien, c'est parce qu'on aime ça aider. On veut faire la différence en permettant à des jeunes de mieux progresser dans leur parcours scolaire », affirme-t-elle.

La métaphore de l'école à bout de bras est très forte et c'est une thématique à laquelle elle adhère complètement. « Je pense que mes collègues vont se reconnaître dans ce message-là, puisque cette publicité reflète leur quotidien. J'espère aussi qu'il rejoindra les parents, parce que le monde de l'éducation a grandement besoin de leur appui pour forcer le gouvernement à corriger le tir et à réinvestir dans l'école publique ».

Depuis quelques années, on assiste à une forte hausse du nombre d'élèves en difficulté, notamment en raison de l'amélioration des diagnostics. Par contre, avec les compressions budgétaires, le personnel professionnel qui aide ces jeunes est souvent obligé de travailler dans plusieurs écoles.

« Ce sont des élèves qui ont des besoins particuliers et il faut bien saisir leur dynamique et travailler étroitement avec les parents. Pour accompagner des élèves autistes, dyslexiques ou dysphasiques, ça prend du temps. On ne peut faire adéquatement ce travail en saupoudrant des services ici et là comme on le fait présentement pour permettre de boucler les budgets de plus en plus serrés des commissions scolaires », se désole Dominique Gagné.

L'austérité, ça veut dire plus de précarité pour le personnel, moins de services pour les élèves et des hausses de tarifs pour les parents.

Pascale Pruneau enseigne en 3e année à l'école de musique Jacques-Hétu de Trois-Rivières. Selon elle, l'impact des compressions budgétaires est énorme. « C'est exigeant le métier d'enseignant, il faut voir à tout le monde en même temps. C'était déjà difficile de répondre aux besoins des élèves en difficulté dans des classes de 20 à 22. Alors, en rajoutant des élèves dans les classes, comme se propose de le faire le gouvernement, ça rendra notre tâche de plus en plus pénible », déplore-t-elle.

Pour arriver, elle apporte du travail à la maison comme des milliers d'autres enseignantes et enseignants au Québec. Les membres de sa famille le lui reprochent souvent d'ailleurs, mais pour elle, lorsqu'on travaille dans le domaine de l'éducation, on n'a jamais vraiment fini de travailler.

François Thériault est concierge depuis cinq ans à l'école de la Pommeraie. Les mesures d'austérité, il les vit concrètement. Il a été supplanté et sa paie est maintenant amputée d'une journée toutes les deux semaines. Pour lui, l'austérité cela veut dire plus de précarité pour le personnel, moins de services pour les élèves et des hausses de tarifs pour les parents.

Il a accepté avec enthousiasme de participer à cette publicité, car il croit que la défense de l'école publique est une cause fondamentale. « La jeunesse, c'est l'avenir du Québec. Toute société qui aspire au développement se doit d'investir dans sa jeunesse », estime-t-il.

« Le personnel de l'éducation a son travail à cœur. Le gouvernement a toujours misé sur cela en se disant qu'on allait quand même bien remplir nos tâches malgré les conditions qui se détériorent, mais là on a peut-être atteint la limite. C'est ça le message central de cette publicité », poursuit-il.

Pour ces trois personnes profondément engagées dans leur métier, le nouveau mouvement des chaînes humaines organisé par les parents est porteur de réconfort et d'espoir. Ils espèrent tous que le mouvement Je protège mon école publique bonifiera leurs propres efforts de mobilisation et s'ajoutera aux arguments défendus en négociation pour faire entendre raison à ce gouvernement obnubilé par l'équilibre budgétaire et les baisses d'impôt. Il faut le souhaiter, car qui sait combien de temps encore le personnel de l'éducation pourra tenir l'école à bout de bras comme il le fait depuis trop longtemps déjà.

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« L'école à bout de bras », les participants au tournage témoignent