Mythe n° 3

L'école « au féminin » nuirait à la réussite des garçons

16 mars 2012

L’absence d’hommes en éducation priverait, semble-t-il, les garçons de modèles d’identification nécessaires à leur réussite scolaire. Pourtant, dans plusieurs pays occidentaux qui partagent sensiblement les mêmes caractéristiques que le Québec en matière de composition du personnel enseignant, les garçons réussissent davantage ou sont très près des filles.

Au Québec, avec 81 % de femmes en éducation, les garçons réussissent à la hauteur de 81 % entre 20 et 24 ans et les filles à 92 %. Avec des proportions similaires en matière de pourcentage de femmes en éducation, les garçons réussissent autant que les filles aux États-Unis (77 % pour les garçons et 76 % pour les filles) et en Allemagne (98 % pour les filles et 97 % pour les garçons). En Suisse, où la proportion de femmes en éducation est relativement élevée (75,3 %), les garçons (92 %) réussissent mieux que les filles (88 %). Dans d’autres pays où la proportion de femmes est moins importante qu’au Québec, comme la Grèce (63,7 %) ou le Luxembourg (65,6 %), les garçons ne réussissent pas plus que les filles.

Graphique 3 - Pourcentage de femmes en éducation et diplomation selon le sexe, entre 20 et 24 ans, 2008, en %Par ailleurs, en formation professionnelle au Québec, là où les enseignants sont majoritaires (59 %) et là où les garçons sont plus susceptibles de mieux réussir que les filles, on n’observe aucune différence significative entre les filles et les garçons sur le plan de la réussite scolaire (réussite aux études temps plein chez les filles, 86,9 % ; chez les garçons, 85,9 %3). Au Québec toujours, 70 % des professeurs d’université sont des hommes4. Pourtant, les étudiants y réussissent moins bien que les étudiantes.

Ces données confirment qu’il n’y a pas de lien entre le genre du personnel enseignant et la performance scolaire des élèves. Un nombre élevé de femmes en éducation ne nuit pas à la réussite des garçons. En somme, le sexe n’est pas une compétence pédagogique.


 3 MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DU LOISIR ET DU SPORT (MELS). Indicateurs de l’éducation, édition 2010.
4 CONFÉRENCE DES RECTEURS ET DES PRINCIPAUX DES UNIVERSITÉS DU QUÉBEC (2006). Le système universitaire québécois. Données et indicateurs, Montréal, CREPUQ.