Fiche 1

Les services publics : l'outil du « vivre ensemble »

6 juin 2012

Sans même en avoir conscience, nous bénéficions quotidiennement d'une multitude de services publics. À peine pose-t-on le pied hors du lit que déjà, on ouvre la porte du réfrigérateur afin de préparer notre petit déjeuner. Évidemment, on ne pense pas aux services d'inspection alimentaire du gouvernement qui ont veillé à ce que notre repas du matin ne comporte aucun risque pour notre santé. On partagera notre repas avec notre plus jeune qui s'amusera toute la journée au centre de la petite enfance et avec notre aînée qui retrouvera ses amies dans la cour d'école avant de s'attaquer à ses premières multiplications. En marche vers la station de métro, on croisera l'éboueur qui collectera nos ordures. Nous poursuivrons ainsi notre journée sans réaliser que c'est sur tous ces services publics que repose en grande partie notre qualité de vie.

Pourtant, les taxes et les impôts qui financent ces services n’ont pas bonne presse. Dans les journaux, à la télévision ou à la radio, c’est sans relâche qu’on les décrie, qu’on les condamne. Les médias mettent rarement à l’avant-plan tous les bienfaits des services publics offerts à la population. Ceux-ci résultent d’une décision collective éclairée. Nous avons choisi de mettre en commun nos ressources au moyen des impôts et des taxes afin de nous offrir en retour des services. Cette décision définit également le type de sociétés dans lequel on veut vivre.

Les services publics : un choix de société

En effet, vivre aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, ce n’est pas la même chose que vivre en Suède, au Danemark ou en Finlande. Ce qui distingue fondamentalement ces sociétés, au-delà de leur langue et de leur culture, c’est ce que les gens qui y vivent ont décidé de « faire collectivement ». En Suède ou au Danemark, les impôts et les taxes sont élevés, mais les habitants de ces pays bénéficient en retour d’une gamme étendue de services publics et de protections sociales accessibles à tous, sans égard au revenu. On s’y fait soigner et on y étudie gratuitement ou presque. Quand une femme est enceinte ou qu’une personne perd son emploi, la société dans son ensemble les soutient financièrement. Les inégalités de revenus y sont moins fortes et la pauvreté moins présente que dans les autres pays développés.

À l’opposé, des pays comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne ont fait des choix fort différents. L’action de l’État, les services publics et les programmes sociaux y sont mal perçus. Les taxes et les impôts sont relativement bas, ce qui force les citoyens à devoir se procurer les services
dont ils ont besoin auprès de l’entreprise privée. Évidemment, un tel choix pénalise une partie de la classe moyenne et des citoyens moins fortunés qui, bien souvent, n’ont pas accès à plusieurs services fondamentaux, notamment la santé et l’éducation supérieure. Conséquemment, cette partie de la population voit sa qualité de vie considérablement diminuée.

Les choix que font les populations créent donc des sociétés bien différentes les unes des autres.

Les services publics : que sont-ils ?

Pour amorcer cette réflexion sur les services publics, il convient d’abord d’en donner une définition et d’en circonscrire les contours. Les services publics sont des services que nous jugeons d’intérêt général (qui répondent souvent à un besoin essentiel), et qui sont incompatibles avec le fonctionnement normal du marché. Pour diverses raisons, une société peut considérer que la vente de ces services par les entreprises privées est inappropriée. La collectivité prend donc en charge leur financement, leur production ou les deux.

Fiche 1, vivre ensembleCertains services publics visent à répondre à différents besoins fondamentaux et sont donc accessibles à tous, peu importe le revenu. Les services de santé, d’éducation ou d’accès à l’eau potable en sont des exemples. C’est d’ailleurs pourquoi, à l’exception notable des États-Unis, tous les pays développés ont choisi de mettre en place des systèmes publics de santé. D’autres services publics servent à encadrer l’activité économique et la vie en société. De nombreux organismes de règlementation et des ministères se chargent d’appliquer la règlementation qui assure la bonne marche de l’économie. Le Bureau de la concurrence, le ministère du Travail, le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs sont des exemples d’organismes qui assurent le respect de ces règles.

Finalement, il est important de mentionner qu’au Québec, les services publics sont fournis par les trois paliers de gouvernement : municipal, provincial et fédéral.

Un tour d’horizon…

Les fiches suivantes raconteront donc l’histoire des services publics, de leur formidable contribution au bien-être et à la qualité de vie, mais également de leur remise en cause au Québec et dans la plupart des pays développés. Grâce à ce bref tour d’horizon, nous espérons que vous serez davantage en mesure de répondre à une question simple, mais fondamentale : dans quel type de société désirez-vous vivre ?