Fiche 10

Des mythes à déboulonner : les retraites

6 juin 2012

Depuis quelque temps, il est abondamment question des régimes de retraite à prestations déterminées. Dans ces régimes, dont fait partie le RREGOP1, le montant de la rente est connu d’avance, en fonction du nombre d’années cotisées. Plusieurs d’entre eux traversent actuellement une période difficile. Les médias et les groupes de droite tentent d’alimenter la jalousie et la hargne de la population envers le personnel de l’État, en laissant entendre que les régimes de retraite du secteur public sont trop généreux et mettent en péril les finances publiques. Confrontons quelques mythes et préjugés à la réalité des faits.

1er mythe

Le RREGOP est au bord de la faillite !

Réalité

FAUX. La dernière négociation dans les secteurs public et parapublic a permis d’assurer à long terme le financement du RREGOP. La caisse des personnes participantes au RREGOP est capitalisée à environ 103 % et celle du gouvernement à environ 56 %, pour une capitalisation globale d’environ 80 %. Ce pourcentage correspond aux seuils généralement jugés acceptables. La santé financière à très long terme du RREGOP est assurée de manière plus que satisfaisante.

2e mythe

Il faudra travailler jusqu’à 75 ans pour obtenir une rente décente du RREGOP !

Réalité

FAUX. Lors de la dernière négociation dans les secteurs public et parapublic, les décisions nécessaires au maintien des conditions actuelles d’admissibilité à la retraite ont été prises. De plus, au lieu de pénaliser davantage les départs hâtifs à la retraite, comme ce sera le cas à la Régie des rentes du Québec (RRQ) à partir de 2014, il a plutôt été convenu d’instaurer un incitatif positif pour repousser la prise de retraite en permettant d’accumuler jusqu’à 38 ans de service au lieu de 35 aux fins de calcul de la rente de retraite (maximum de 76 % au lieu de 70 %), tout en maintenant le droit de quitter sans pénalité à 35 ans de service.

3e mythe

Le RREGOP est un régime de retraite « chromé » !

Réalité

FAUX. Le RREGOP est un régime de retraite responsable eu égard à l’équilibre entre les bénéfices accordés aux personnes participantes et la capacité de payer à parts égales de celles-ci et de l’État québécois. Pour en juger, voici les principales caractéristiques du RREGOP :

  • partage égal des coûts (50-50) entre les personnes participantes et le gouvernement (comparativement à une participation de 60 %, 65 % ou 70 % de l’employeur dans bien d’autres régimes) ;
  • critères de retraite sans réduction actuarielle à 35 ans de service ou 60 ans d’âge (comparativement à d’autres régimes permettant des départs plus hâtifs) ;
  • en 2010, la « retraite dorée » des personnes retraitées du RREGOP atteignait en moyenne la somme « astronomique » de 17 767 $ par année (Wow ! Digne des joueurs de hockey !).

4e mythe

Les régimes de retraite tel le RREGOP vont mener le Québec à la faillite comme la Grèce !

Réalité

FAUX. Cette prétention que la dette reliée au RREGOP est hors de contrôle, qu’elle augmente de façon exponentielle et qu’elle met l’État en faillite est probablement la pire et la plus amplifiée des faussetés véhiculées par les médias. Dans les faits, le passif net de l’ensemble des régimes de retraite du gouvernement du Québec représentait 21,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 1997-1998, alors qu’il n’est que de 9 % du PIB en 2011-2012. Autrement dit, le poids relatif des engagements du gouvernement envers ses régimes de retraite (passif net) par rapport à l’enrichissement collectif (PIB) ne va pas en augmentant, mais bien en diminuant !

Des mythes à déboulonner : les retraites5e mythe

Les contribuables doivent payer, par leurs impôts, la retraite du personnel de l’État !

Réalité

FAUX. Rappelons que les rentes de retraite font partie de la rémunération globale et qu’il s’agit d’un salaire différé. Ce n’est pas un privilège indu ni un cadeau, mais bien une partie de salaire légitimement gagnée. Ce mythe semble laisser croire que le RREGOP est gratuit pour le personnel de l’État. C’est loin d’être le cas ! Par exemple, en 2012, il en coûtera plus de 2 500 $ de cotisations pour un salaire de 45 000 $ !

6e mythe

Le gouvernement assume seul le déficit et les risques liés au RREGOP !

Réalité

FAUX. Depuis 1982, les coûts du RREGOP sont partagés à parts égales (50-50) entre le gouvernement et les personnes participantes. Quand les rendements ne sont pas satisfaisants, les personnes participantes en assument tout autant les conséquences que le gouvernement. C’est d’ailleurs pourquoi elles ont commencé à payer davantage, le taux de cotisation étant passé de 8,19 % en 2010 à 8,69 % en 2011, puis à 8,94 % en 2012. Il augmentera à 9,18 % en 2013, soit une hausse de 12 % en trois ans.

POUR EN SAVOIR PLUS

  • CENTRALE DES SYNDICATS DU QUÉBEC (2012). Le RREGOP : Mythes et réalités2.
  • INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC (2011). Rémunération des salariés. État et évolution comparés.
  • COMMISSION ADMINISTRATIVE DES RÉGIMES DE RETRAITE ET D’ASSURANCE. Rapport annuel de gestion 2010.
  • QUÉBEC, MINISTÈRE DES FINANCES (2010-2011). États financiers consolidés du gouvernement du Québec.
  • QUÉBEC, MINISTÈRE DES FINANCES (2011-2012). Plan budgétaire 2011-2012, Section I.
  • RÉGIE DES RENTES DU QUÉBEC (2010). Portrait du marché de la retraite au Québec, 2e édition.

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  1. Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics.
  2. Ce document indique la source de tous les chiffres présentés dans cette fiche.