4. Développer des solutions publiques pour améliorer l'accès aux soins et aux services

9 mai 2012

Les actions du gouvernement

■ Procède à de nombreuses réformes du système (fermeture de lits et d'établissements, fusion d'établissements, organisation des services, virage ambulatoire, désinstitutionnalisation) sans mettre en place les services de substitution nécessaires (services sociaux, services à domicile, renforcement de la première ligne médicale et sociale, personnel pour faire face à l'alourdissement de la clientèle) ;

■ Maintient une organisation du système basée sur les services médicaux et hospitaliers (mode de rémunération des médecins et de budgétisation des établissements).

ET POURTANT !

✔ Les problèmes vécus par la population au regard de notre système de santé ne concernent pas la qualité des services reçus, mais bien leur accessibilité : difficulté d’avoir accès à un médecin de famille et aux services de première ligne, délais trop longs pour avoir accès aux services diagnostiques et aux chirurgies ;

✔ Le recours accru au secteur privé pour la prestation de soins et de services ne fait qu’accroître les inégalités d’accès, conduisant ainsi à un système à deux vitesses. Il faut dire que le « marché de la santé » en est un fort lucratif pour les entrepreneurs de ce secteur, que ce soit le milieu des assurances ou les multinationales de soins. Plus les gouvernements délesteront leurs responsabilités publiques, plus ils adopteront des lois pour déréglementer les politiques publiques et plus ce champ sera ouvert aux traités de libre-échange ;

✔ Plusieurs interventions de soins ne requièrent pas nécessairement un acte médical. Certaines peuvent être exécutées par d’autres types de personnel qui en ont les compétences ;

✔ L’absence d’investissement dans des programmes de prévention et dans des interventions reliées aux déterminants de la santé, principalement la lutte à la pauvreté, contribue à la détérioration des conditions de santé et à l’accroissement des coûts des services curatifs.


LES SOLUTIONS PUBLIQUES DE LA CSQ

☛ La clé de l’amélioration de l’accès aux services de première ligne réside, en grande partie, dans la reconnaissance des expertises de l’ensemble des ressources humaines du réseau, dans l’utilisation optimale de leurs compétences et dans le travail interdisciplinaire. Les médecins doivent absolument partager les activités qui ne requièrent pas leurs services. Ils doivent apprendre à faire confiance et à travailler en collégialité ;

☛ Il faut généraliser des protocoles de soins pouvant être exécutés par du personnel non médical, généraliser les ordonnances collectives et uniformiser les pratiques permises entre différents types de professionnels dans l’ensemble des établissements. Les infirmières, par exemple, sont parfaitement capables d’assurer le suivi de patients atteints de certaines maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension, le taux de cholestérol trop élevé, incluant l’ajustement approprié de la médication. Une des richesses du rôle des infirmières repose sur leurs compétences à faire de l’enseignement auprès du patient pour tout ce qui concerne sa maladie, son suivi et son traitement ;

☛ Il faut diversifier les portes d’entrée dans le système, particulièrement pour les urgences mineures. La population aux prises avec les petits maux courants de la vie (otites, maux d’estomac, blessures mineures, etc.) devrait avoir accès à des centres de premiers soins sans rendez-vous, où des infirmières praticiennes peuvent collaborer aux diagnostics et aux traitements médicaux dans le cadre de leur compétence ;

☛ Privilégier une pratique médicale centrée sur le suivi global et systématique des patients, particulièrement de ceux atteints de maladies chroniques, plutôt que sur la production d’actes médicaux et ajuster en conséquence le mode de rémunération des médecins ;

☛ Exiger des groupes de médecine familiale (GMF) qu’ils respectent les ententes conclues par l’intermédiaire des agences régionales de santé et de services sociaux, sous-jacentes aux subventions qu’ils reçoivent, et qu’ils élargissent leurs plages horaires pour ouvrir les soirs et les fins de semaine ;

☛ Investir de façon prioritaire dans les soins et les services à domicile ;

☛ En matière de prévention, il est nécessaire qu’un investissement accru soit accordé dans des mesures nationales s’adressant directement aux principaux facteurs déterminants de la santé, soit l’éducation et la lutte contre la pauvreté ;

☛ Inclure dans la couverture publique l’ensemble des services diagnostiques médicalement requis (échographie, imagerie médicale, résonance magnétique, etc.), que le service soit reçu en établissement ou en cabinet spécialisé, s’il est effectué par des médecins participant au régime public ;

☛ Développer des centres ambulatoires publics rattachés à des centres hospitaliers et dotés de plateaux techniques de diagnostic dans l’ensemble des régions du Québec pour les chirurgies d’un jour ;

☛ Implanter une gestion centralisée des listes d’attente sur une base régionale et nationale afin d’accroître la fluidité des interventions chirurgicales lorsque les patients acceptent de se déplacer pour recevoir le service.