Intimidation à l'école

Un nouveau plan d'action gouvernemental qui manque de fonds

7 février 2012

Face aux phénomènes de la violence à l'école et de la cyberintimidation qui gagnent du terrain, le gouvernement du Québec a révisé son plan de lutte à la violence en février par le dépôt d'un projet de loi qui répond à plusieurs attentes de la CSQ. Soulignons les obligations nouvelles des directions d'école de traiter les plaintes pour protéger les victimes, la mise en place des mesures assurant que le plan d'intervention est connu, diffusé, actualisé et appliqué dans les écoles, des formations de civisme et de « cybercitoyenneté » pour les élèves et la désignation d'une personne responsable du dossier dans chacune des écoles.

Le projet de loi vient compléter et bonifier la Stratégie gouvernementale présentée au cours des derniers jours et il permettra de dresser un portrait national du phénomène de la violence, ce que la CSQ demandait depuis plusieurs années. Plus que des mots, il y a maintenant des actions concrètes, et on ne peut que souligner la détermination de la ministre de l'Éducation à vouloir mettre un terme à la violence et à l'intimidation. Il faut dire que le précédent plan d'action n'avait pas donné les résultats escomptés, et qu'un grand nombre d'enseignantes et d'enseignants ignoraient même son existence.

L'opposition officielle à l'Assemblée nationale ne s'est d'ailleurs pas gênée pour interpeller la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, en qualifiant de coquille vide le précédent plan de lutte à la violence. La ministre s'est défendue en rappelant que ce plan bénéficie d'un budget annuel de 6 millions de dollars et qu'il pourrait éventuellement être bonifié.

Des fonds toujours insuffisants

Mais la ministre n'a pas vraiment bonifié les budgets alloués aux écoles. De prime abord, un tel budget semble généreux, mais, quand on prend le temps de répartir le fameux budget entre les 2 770 écoles du Québec, le montant accessible à chacune d'elles paraît bien dérisoire compte tenu de l'ampleur du phénomène et de son impact sur le personnel et les élèves. Pourtant, la lutte à la violence et à l'intimidation à l'école est intimement liée à la lutte au décrochage scolaire. Afficher la volonté politique et créer un cadre juridique constituent certes un pas important, mais il faudrait s'assurer que les écoles disposent de moyens suffisants pour faire face à leurs obligations nouvelles. En ce sens, la CSQ mène, de concert avec la Fondation Jasmin Roy, trois projets pilotes dans différentes régions du Québec, qui permettent la libération d'une personne, une journée par semaine, pour mettre en place des mesures contre l'intimidation. Les résultats de ces projets nous en diront beaucoup sur la marche à suivre pour lutter efficacement contre l'intimidation à l'école.

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