Cyberintimidation : des codes de vie qu'il presse de mettre à jour

8 février 2012

« Les récents événements vécus à l’école secondaire des Hauts-Sommets de Saint-Jérôme auront au moins permis de faire un grand constat : il est urgent de mettre à jour les codes de vie de nos écoles, qui sont totalement silencieux sur la question de la cyberintimidation. »

 

Le président du Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord, Jean Dumais, soutient que la diligence dont ont fait preuve les autorités de la commission scolaire dans ce dossier ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas des questions légitimes qui doivent être soulevées.

 

« À commencer par les sanctions imposées aux élèves qui avaient exprimé des menaces, il ne fait aucun doute pour le syndicat qu’elles n’ont pas été suffisamment sévères. Comment se fait-il que ces jeunes n’aient pas été changés d’école? C’est pourtant le sort que l’on réserve aux élèves qui se livrent à des batailles de lancement de nourriture (food fight), à la cafétéria. Faut-il comprendre que menacer de mort des enseignants est un acte moins répréhensible que projeter de la nourriture sur un autre élève ? » questionne Jean Dumais.

 

Un silence inquiétant

 

Le président du syndicat précise d’ailleurs que le Conseil des personnes déléguées a adopté une proposition en ce sens, demandant que l’ampleur des sanctions appliquées aux élèves tienne compte de la gravité des gestes posés et qu’elles soient prévues dans le code de vie des écoles. Des codes de vie qui sont d’ailleurs à revoir en tenant compte des nouvelles réalités.

 

« Chaque école à l’obligation de se doter d’un code de vie, mais malheureusement ces codes de vie ne tiennent pas compte des nouvelles réalités auxquelles le personnel enseignant doit faire face. À ma connaissance, la plupart des codes de vie des écoles sont muets sur la question de la cyberintimidation. Ils contiennent des dispositions sur des sujets divers tels que le comportement de l’élève, les vêtements, le plagiat, la ponctualité, les absences, mais ils ne couvrent pas cette nouvelle réalité », déplore Jean Dumais.

 

Une mise à jour nécessaire

 

Le président du syndicat renchérit en appelant à une mise à jour urgente des codes de vie des écoles pour refléter les réalités contemporaines. Son syndicat a d’ailleurs invité les enseignants à s’engager dans ce changement au sein de leur conseil d’établissement, tel que le prévoit la Loi sur l’instruction publique. Mais s’il est important de démontrer par des gestes concrets que de tels agissements sont carrément inacceptables, il faut être conscient que la répression ne réglera pas tout.

 

« La légèreté avec laquelle certains élèves suspendus ont réagi à l’événement démontre à l’évidence qu’un important travail de sensibilisation et d’éducation est à faire. Menacer une personne de mort, ce n’est pas anodin. Si des élèves semblent banaliser un tel geste, alors nous avons un sérieux problème qui interpelle l’ensemble de la société », laisse tomber Jean Dumais.

Un débat de société à faire

 

Le CourantLe leader syndical reconnaît que l’école a manifestement un nouveau rôle à jouer dans l’éducation à la citoyenneté numérique des jeunes, mais elle ne peut pas tout faire.

 

« Le Comité des élèves, les parents, les citoyens et les pouvoirs publics ont eux aussi leur part de responsabilités, car, au-delà des questions légales, il y a des questions éthiques qui sont soulevées ici. L’utilisation des médias sociaux doit faire l’objet d’un véritable débat de société, qui va bien au-delà des seuls murs des écoles », déclare le président du Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord, Jean Dumais.



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