Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Nouvelle

Impacts des compressions récentes

23 mai 2017

Au cours des dernières décennies, le financement des cégeps a progressé en dents de scie. Après des compressions importantes au début des années 2000, un réinvestissement a été amorcé en 2006, mais l’austérité est revenue à la suite de la crise économique de 2009. Au total, on estime à 155 millions de dollars les compressions cumulées entre 2011 et 2015 [1].

Depuis le budget 2016-2017, le gouvernement a entrepris d’augmenter les sommes accordées au collégial. Toutefois, les impacts des compressions et de la réallocation des ressources laissent encore des séquelles importantes.

Des impacts sur les différentes enveloppes du FABES

Les trois composantes FAB ont subi une diminution de leur enveloppe totalisant près de 50 millions de dollars depuis 2013. Ces enveloppes peuvent être transférées et servent, entre autres, à l’embauche du personnel de soutien et professionnel.

Notons que la composante E pour l’enseignement régulier est protégée par les conventions collectives. Elle a évolué au rythme des PES et des modifications aux paramètres salariaux ou des autres dispositions de la convention collective.

Quant aux différentes allocations du volet S, elles ont connu une trajectoire inverse des composantes FAB, avec un bond important depuis 2013 (52,1 %). Les allocations spéciales représentent donc la majorité des sommes réinvesties dans le réseau collégial.

TABLEAU I
ÉVOLUTION DES ALLOCATIONS FABES ENTRE 2013-2014 ET 2016-2017

  Évolution 2013-2017
Volet F
Allocations fixes

-10,2 %

Volet A
Allocations pour les activités

-11,1 %

Volet B
Allocations de fonctionnement pour les bâtiments

-6,4 %

Volet E
Enseignants au régulier

7,3 %

Volet S
Allocations spéciales

52,1 %

TOTAL DES ENVELOPPES
5,0 %

Sources : QUÉBEC. MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION ET DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. Régime budgétaire et financier des cégeps, années diverses.

Impacts des compressions sur les étudiants et le personnel

Pour absorber des compressions importantes et répétitives, les établissements ont limité des services, réduit le nombre d’employés et négligé l’entretien des bâtiments.

En 2016, la Fédération étudiante collégiale du Québec a recensé les impacts des compressions de 2011 à 2015 [2]. Les abolitions de postes pour les techniciens en loisir, en travaux pratiques ou en laboratoire, les aides pédagogiques, les professionnels en soutien aux élèves ou à l’administration en sont des conséquences récurrentes. Souvent les cégeps ont réduit les heures de laboratoire ou d’ouverture de la bibliothèque et augmenté les frais exigés aux étudiantes et étudiants. Les compressions ont contribué à maintenir une majorité d’employées et d’employés dans un état de précarité et ont augmenté la charge de travail pour le personnel de soutien, professionnel et enseignant.

Compte tenu de ces conséquences, un réinvestissement général dans l’ensemble des enveloppes du FABES doit être fait rapidement si nous souhaitons maintenir la qualité et l’accessibilité des services offerts par les cégeps. En plus de ce réinvestissement essentiel, des modifications devraient être apportées au mode de financement afin de corriger certains problèmes.


[1] FÉDÉRATION DES CÉGEPS (2013). Rapport annuel 2012-2013, [En ligne], 55 p. [fedecegeps.qc.ca/wp-content/uploads/2014/01/Rapport_annuel_2012_2013.pdf] et FÉDÉRATION DES CÉGEPS (2014). Rapport annuel 2013-2014, [En ligne], 55 p. [fedecegeps.qc.ca/wp-content/uploads/2015/01/Rapport-annuel-2013-2014.pdf].
[2] FÉDÉRATION ÉTUDIANTE COLLÉGIALE DU QUÉBEC (2015). Effets des coupes dans les cégeps, [En ligne] (15 octobre), 6 p. [fedecegeps.qc.ca/wp-content/uploads/2015/06/FECQ_Maj_Coupes-dans-les-cegeps.pdf].

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