Une mission paradoxale

30 mai 2014

Autre fait étonnant, la CEQ avait le pouvoir de négocier des conventions collectives, mais aussi d'imposer des mesures disciplinaires à ses membres ! La mission de notre organisation, à cette époque, était très claire : « Favoriser les intérêts professionnels des enseignants et assurer le maintien de l'honneur, de la dignité et de la discipline de ses membres1. » La dimension corporative, visant à encadrer la pratique professionnelle, était bien ancrée.

Un vent de changement se lève

Malgré les avantages de conserver le statut corporatif – l'adhésion obligatoire et la formule Rand –, une forte volonté de changement anime les membres au début des années 1970. Plusieurs résolutions de congrès témoignent du désir d'en finir avec une époque que les membres estimaient révolue :

Le Congrès adopte les principes suivants :

  • Liberté syndicale, et, par conséquent, rejet de l'adhésion individuelle automatique des enseignants membres
  • Incompatibilité du corporatisme et du syndicalisme
  • Indépendance de l'organisme vis-à-vis de l'État2.

Et, conséquemment, « Que la CEQ demande l'abrogation de sa Loi constitutive2... »

Ces premières décisions marquent le début d'une grande transformation qui s'échelonnera sur quatre ans.

1 COMMISSION D'ÉTUDE SUR LES STRUCTURES ET LA GESTION DE LA CEQ (1970). Rapport de la Commission d'étude sur les structures et la gestion, Cahier 1 – La situation, les objectifs et orientations, les grands mandats, Congrès spécial de la Corporation des enseignants du Québec tenu les 25 et 26 juin 1971, D-1821a.
2 CEQ (1971). Décisions du 21e Congrès de la C.E.Q., tenu à Sainte-Foy du 27 juin au 4 juillet 1971, D‑3704‑CO.