Révolution sociale !

30 mai 2014

La transformation de la CEQ ne s'arrête pas là, bien au contraire ! La nouvelle CEQ prônera, dans les années 1970, une profonde transformation sociale et, plus particulièrement, des changements majeurs dans les paradigmes de l'enseignement.

Rappelons qu'à cette époque, l'État était perçu comme le grand exploiteur des travailleuses et travailleurs et que le modèle d'éducation favorisait le maintien des classes sociales, donc, des inégalités.

Plusieurs enseignantes et enseignants de l'époque ont ainsi commencé à conscientiser les élèves de l'élémentaire et du secondaire à la lutte de classes. De concert avec le Comité de la condition des femmes de la CEQ, ils ont tenté de casser la traditionnelle séparation des rôles entre les hommes et les femmes à l'aide d'exercices pédagogiques insérés dans un guide produit par la Centrale, intitulé Manuel du 1er mai : pour une journée d'école au service de la classe ouvrière.

Durant cette période mouvementée, la Centrale publiera plusieurs autres documents importants, dont École et luttes de classe au Québec et L'école au service de la classe dominante.

Une centrale tournée vers l'avenir

On le voit, la CSQ que l'on connaît aujourd'hui a traversé plusieurs époques et n'a cessé d'évoluer. Tantôt corporatiste et catholique, elle a vécu une véritable révolution tranquille qui l'a transformée en une organisation syndicale moderne.

Aujourd'hui, les défis de notre organisation sont multiples, à l'image de notre société au penchant individualiste et égocentrique. Il incombe aux membres de la CSQ de continuer à braver ce courant, en puisant leur force dans la solidarité, pour se négocier de meilleures conditions de travail, mais aussi pour façonner leur centrale afin de garder son rôle d'acteur de transformation sociale, comme elle l'a toujours fait.

Si le mot « solidarité » semble sonner creux en 2014 parce que plusieurs membres de nos organisations syndicales chérissent les libertés individuelles, il faut savoir que la liberté tant désirée est impossible sans la solidarité, en dépit de ce que nous disent patrons, politiciens, animateurs de radios poubelles et populistes de tout acabit. Une liberté qui nous isole individuellement nous rend vulnérables aux attaques des plus forts et s'avère, ainsi, totalement illusoire. Au contraire, nous croyons que c'est en se regroupant en syndicats et en étant solidaires que l'on peut devenir plus forts, obtenir des protections et, ainsi, acquérir cette liberté tant souhaitée !

Non, la liberté individuelle telle que véhiculée par la droite ne nous rend pas plus compétitifs, plus forts, plus riches. Au contraire, elle nous affaiblit. Nous devons nous réapproprier le vrai sens de la liberté : ses fondements se retrouvent dans la solidarité. Et rassurez-vous : le groupe n'abolit pas les différences entre les individus, il les fait germer parce qu'il protège ses membres contre les aléas de la vie. De là découle ensuite la vraie... liberté ! Pas la libâaaarté !

Alors, comme le disaient nos prédécesseurs d'il y a quarante ans : « Il n'y pas lieu de s'excuser de faire du syndicalisme ! »

Bon 40e anniversaire à notre Centrale !