Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Nouvelle

Le SIISNEQ-CSQ recourt à la loi sur la maltraitance

29 mars 2018

Chicoutimi, 29 mars 2018. – Face à la détérioration constante des conditions de travail de ses membres du CRSSS Baie-James, aux effets sur leur santé et aux conséquences sur les services offerts à la population, le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes du Nord-Est Québécois (SIISNEQ-CSQ) adressera officiellement, au cours des prochaines heures, un signalement de maltraitance organisationnelle à la Commissaire régionale et locale aux plaintes et à la qualité des services au CRSSS Baie-James.

La présidente du SIISNEQ-CSQ, Nathalie Savard, demandera une rencontre formelle avec madame Geneviève LeBlanc Fraser, Commissaire régionale et locale aux plaintes et à la qualité des services au CRSSS de la Baie-James.

« La détérioration des conditions de travail des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes a atteint un point où ça ne peut plus continuer comme cela. Le démantèlement et l'instabilité des équipes de soins, ajoutés au manque flagrant de ressources, rendent les conditions de travail et d’exercice de nos membres de plus en plus difficiles. On le constate par un taux très élevé d'assurance salaire, des cas de santé et sécurité au travail ainsi que le nombre croissant d’accidents et incidents lors de la prestation des services en santé. Il faut s'inquiéter sérieusement des conséquences de l'épuisement et de l'instabilité des équipes sur la prestation sécuritaire des soins », prévient la présidente, Nathalie Savard.

La prestation de soins sécuritaires en péril

Cette dernière rappelle que Québec a adopté une loi obligeant les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) à se doter et à mettre en œuvre une politique de lutte contre la maltraitance d'ici le 30 novembre 2018.

« Cette politique doit établir les mesures visant à prévenir la maltraitance, à lutter contre celle-ci et à soutenir les personnes dans toute démarche entreprise afin d'y mettre fin. Malheureusement, certaines situations causant du tort ou de la détresse aux patients sont directement liées au manque de personnel dans les milieux de soins et aux difficultés organisationnelles, comme c'est le cas au CRSSS Baie-James. Les administrateurs et la direction du CISSS de la Côte-Nord ont donc l'obligation de prendre les mesures qui s'imposent pour restaurer une organisation du travail saine », explique Nathalie Savard.

Des compressions budgétaires aux conséquences néfastes

En terminant, Nathalie Savard exhorte les administrateurs du CRSSS Baie-James à avoir le courage d'exiger un financement adéquat des services de santé.

« Actuellement, nous sommes en pleine crise et les solutions pour contrer l'épuisement du personnel doivent se faire à coût nul. Pourtant, l’assurance salaire, le temps supplémentaire et le temps supplémentaire obligatoire coûtent très cher au CRSSS Baie-James. Cette réponse est inacceptable et cela ne peut continuer », conclut la présidente du SIISNEQ-CSQ.