Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Nouvelle

Le SIIIEQ-CSQ recourt à la loi sur la maltraitance

19 mars 2018

Sainte-Anne-des-Monts, 20 mars 2018. – Face à la détérioration constante des conditions de travail de ses membres de la Gaspésie, aux effets sur leur santé et aux conséquences sur les services offerts à la population, le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est du Québec (SIIIEQ-CSQ) adressera officiellement, au cours des prochaines heures, un signalement de maltraitance organisationnelle au Commissaire aux plaintes et à la qualité des services de la Gaspésie.

Le président du SIIIEQ-CSQ, Pier-Luc Bujold, demandera une rencontre formelle avec madame Caroline Plourde, Commissaire aux plaintes et à la qualité des services pour la Gaspésie.

« La détérioration des conditions de travail des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes a atteint un point où ça ne peut plus continuer comme cela. Le démantèlement et l'instabilité des équipes de soins, ajoutés au manque flagrant de ressources, rendent les conditions de travail et d’exercice de nos membres de plus en plus difficiles. On le constate par une hausse d'assurance salaire, des cas de santé et sécurité au travail ainsi que des accidents et incidents lors de la prestation des services en santé. Il faut s'inquiéter sérieusement des conséquences de l'épuisement et de l'instabilité des équipes sur la prestation sécuritaire des soins », prévient le président, Pier-Luc Bujold.

La prestation de soins sécuritaires en péril

Ce dernier rappelle que Québec a adopté une loi obligeant les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) à se doter et à mettre en œuvre une politique de lutte contre la maltraitance d'ici le 30 novembre 2018.

« Cette politique doit établir les mesures visant à prévenir la maltraitance, à lutter contre celle-ci et à soutenir les personnes dans toute démarche entreprise afin d'y mettre fin. Malheureusement, certaines situations causant du tort ou de la détresse aux patients sont directement liées au manque de personnel dans les milieux de soins et aux difficultés organisationnelles, comme c'est le cas en Gaspésie. Les administrateurs et la direction du CISSS ont donc l'obligation de prendre les mesures qui s'imposent pour restaurer une organisation du travail saine », explique Pier-Luc Bujold.

Non à plus de mobilité et de flexibilité

De plus, le président du SIIIEQ-CSQ soutient que le CISSS doit mettre fin à ses tentatives d'accentuer la flexibilité et la mobilité du personnel. « Les travailleurs et travailleuses de la santé ne sont pas des “pions” qu'on peut déplacer à sa guise d'un département à l'autre, ou bien d'un village à l'autre en Gaspésie. Ce sont des humains qui ont droit à des conditions de travail décentes, à une stabilité et sécurité. L'épuisement des membres est à son apogée. Que le message soit clair : pas question de promener les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes d'un département à l'autre, d'un village à l'autre sur le territoire gaspésien, comme des touristes. »

Une signature à respecter

Le leader syndical rappelle d’ailleurs que la convention collective, signée conjointement par les représentants du personnel et de l’employeur, ne permet pas le recours à plus de mobilité et de flexibilité. « L'employeur a signé les conventions collectives et le minimum que nous attendons est qu'il respecte les signatures. Le CISSS de la Gaspésie a l'obligation d'assurer l'accès à des soins de santé de qualité sur son territoire, et ce, dans le respect des salariés et de leur santé. »

De plus, au niveau des conventions collectives locales actuelles en Gaspésie, il existe des solutions concrètes à la crise, soit le rehaussement des postes, la stabilisation des postes dans les unités, l'entente cadre sur les horaires de 12 heures, les plans de développement des ressources humaines.

Des compressions budgétaires aux conséquences néfastes

En terminant, Pier-Luc Bujold exhorte les administrateurs du CISSS de la Gaspésie à avoir le courage d'exiger un financement adéquat des services de santé en Gaspésie.

« Actuellement, nous sommes en pleine crise. Le 13 mars dernier, nous avons eu une rencontre avec les ressources humaines afin de proposer nos solutions pour contrer l'épuisement du personnel. Le constat : il n'y a pas d'argent pour améliorer les choses. Chaque solution doit être à coût nul. Cette réponse est inacceptable. Cela ne peut continuer ainsi après des coupes de plusieurs millions de dollars », conclut le président du SIIIEQ-CSQ.