Congédiement injustifié de travailleurs affiliés au STRACC, Mexique

Montréal, le 20 mai 2008

 

M. Marcelo Luis Ebrard Casaubon
Chef du gouvernement de Mexico

 

Honorable M. Ebrard,

Antécédents: Les travailleurs de l’entretien des salles de bain publiques du territoire “A” du Marché de Fleurs, Plantes et Zone de cuisine de la Centrale d’approvisionnement de la ville de Mexico sont membres du Syndicat des Travailleurs d’Habitations Commerciales, Bureaux et Entrepôts de Liquidation (STRACC) affilié au Frente Auténtico del Trabajo (FAT). Le FAT est un partenaire du CISO au Mexique depuis maintenant une dizaine d’années. Les travailleurs du STRACC ont signé une convention collective avec l’administration de la Centrale d’approvisionnement le 19 janvier 2007 (No. De folio 00967).

Le 29 avril 2008, des travailleurs affiliés au STRACC ont été conduits en minibus en compagnie d’Armando Vega, responsable de l’entretien pour l’entreprise, à une réunion dite informative à l’extérieur de la Centrale d’approvisionnement où ils travaillent pour l’entreprise OESSA. Conduits à l’Hôtel Abastos Plaza, Julio Parra Campos, se présentant comme le gérant, a appelé les travailleurs un à un dans une salle où les attendaient trois hommes, se présentant comme actuaires de l’Assemblée Nationale de Conciliation et d’Arbitrage (le contrat et registre de STRACC est pourtant de juridiction locale), dont un dénommé Gabriel Antonio Moreno Díaz, et six avocats dont deux du Bureau d’avocats Baker & McKenzie, S.C. Une fois dans la salle, les représentants de l’entreprise ont annoncé aux travailleurs qu’ils étaient congédiés et qu’ils ne pouvaient ni ne devaient retourner à leur travail puisqu’on les avait déjà remplacés. Si les travailleurs refusaient de donner leur démission, l’entreprise les amènerait en justice pour vol, mais celle-ci disait ne pas vouloir en arriver à cette mesure extrême. Il est important de mentionner que la pression exercée, tant par les représentants de l’entreprise que par les actuaires, a duré une heure et demi avant d’obtenir la démission obligatoire et injustifiée de quatorze des travailleurs. Les travailleurs ne voulant pas signer la lettre de démission ont pratiquement été séquestrés dans la salle lorsque l’accès à la sortie leur a été bloqué par une table et deux individus jusqu’à ce que les travailleurs menacent de crier à l’aide.

Durant les jours suivants, les travailleurs se présentant sur leur lieu de travail selon leur horaire habituel ont continué à vivre de la pression et des agressions verbales de la part de l’entreprise afin qu’ils donnent leur démission. En plus d’être sans cesse changés de lieu de travail, ils ont été remplacés par des employés non affiliés au STRACC, pourtant détenteur du contrat légal de travail dans l’entreprise.

Le 6 mai, à 5h du matin, les travailleurs ont encore été menacés d’être délogés sous prétexte qu’ils ne sont dorénavant plus des travailleurs de l’entreprise. Six heures plus tard, Héctor Villegas, se présentant comme fonctionnaire du Secrétariat du gouvernement de Mexico, et des membres de la force publique ont violemment délogé les travailleurs, faisant même prisonniers cinq personnes sous des accusations de « vol » et huit autres pour « usage illégal de leurs droits ». Une travailleuse du Frente Autentico del Trabajo (FAT) faisait partie de ce groupe.

Le matin du 7 mai, les personnes détenues ont pu retrouver leur liberté, mais les accusations demeurent. Ils se sont ensuite rendus à leur lieu de travail, mais on leur en a nié l’accès en leur disant qu’aucun syndicat ou contrat collectif ne serait plus admis.

Nous manifestons énergiquement notre indignation face à la violence exercée par la Directrice générale de l’entreprise OESSA, Eugenia Gonzalez Lobo, et tous les administrateurs et personnes mentionnées ci-haut pour les abus physiques et verbaux perpétrés contre les représentants du FAT et les travailleurs, ainsi que pour la violation du code du travail et de la convention collective.

Nous exigeons du gouvernement de Mexico, de la direction et de l’administration de la Centrale d’approvisionnement, qu’ils respectent le code du travail, les droits des travailleurs ainsi que la convention collective de ceux-ci et qu’ils retirent immédiatement les accusations contre les employés et collègues. Nous exigeons, de plus, une enquête sur les actes de violences commis contre les travailleurs chez le concessionnaire de l’entreprise OESSA, et que lui soit retirée sa concession.

Les autorités compétentes de la ville de Mexico doivent mettre fin à tout acte de violence, de harcèlement et d’intimidation commis contre des travailleurs du FAT et du STRACC et assurer le respect des normes nationales et de celles de l’OIT en matière de droit du travail et de liberté d’association.

Merci de nous faire part de toute action que vous entreprendrez pour mettre fin à cette situation inacceptable.

Cordialement,

 

Réjean Parent
President
Central des syndicats du Québec (CSQ)
Parent.rejean@csq.qc.net

c.c. José Ángel Ávila, Secretaría del Gobierno (jose_avila@df.gob.mx)
Lic. Benito Mirón L., Secretaría del Trabajo (mironlince@df.gob.mx
Lic. Laura Velásquez, Secretaría de Desarrollo Económico (nessie.banuelos@yahoo.com.mx)
Lic. Raymundo Collins F. Director del Fideicomiso de la CEDA (rcollins@ficeda.com.mx)
Comisión de Derechos Humanos del D. F. (mcruzvillegasf@ms.cdhdf.org.mx)
fat@laneta.apc.org
ciso@ciso.qc.ca