Francophonie

Forum mondial de la langue française, Québec 2012La nature de notre organisation, une centrale syndicale francophone d'Amérique oeuvrant dans les services publics, nous prédestine en quelque sorte à travailler dans les zones et avec les organisations que nous avons choisies. Le fait d'être une organisation syndicale francophone issue d'un pays favorisé nous a amenés, naturellement, à nous rapprocher des organisations syndicales francophones des pays en développement. Le fait de partager une langue commune a certainement agi comme un catalyseur. Or, il s'avère que nombre de pays parmi les plus pauvres de la planète font toujours partie de la Francophonie. On n'a qu'à penser à la situation qui prévaut dans plusieurs pays d'Afrique francophone de même qu'à Haïti. Malheureusement, plusieurs de ces pays connaissent des reculs plutôt que des avancées. Les besoins y demeurent donc énormes, ce qui justifie en soi le maintien de notre engagement avec ces communautés.


Afrique francophone et Haïti

Depuis plusieurs années, la CSQ apporte un appui financier et une expertise à la Confédération nationale des éducatrices et des éducateurs d'Haïti (CNEH). Cette coopération avec la CNEH s'effectue en concertation avec notre Fédération des enseignantes et des enseignants de Cegeps (FEC), avec le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) ainsi qu'avec l'Internationale de l'éducation.

Nous apportons notre appui à la réalisation du plan d'action de l'organisation autour de plusieurs axes : recrutement de nouveaux membres, planification stratégique, autonomie financière, communications, droits des femmes, mise en œuvre de la Campagne pour une éducation publique de qualité, etc. À cette fin, des coopérants de la CSQ effectuent régulièrement des missions de travail dans ce pays.


Une première : activité de coopération dans le secteur de la santé

La CSQ possède une longue expérience de coopération avec des partenaires syndicaux du secteur éducatif. Pour la première fois en 2014, nous avons investi le secteur de la santé, en travaillant avec un partenaire haïtien de ce secteur et en collaboration avec l'American Federation of Teachers (AFT).

Deux membres de notre fédération de la santé ont effectué une mission à Port-au-Prince, mission à la fois de formation et de supervision de personnel de la santé pour la dispensation de soins de base dans une clinique opérée par le syndicat haïtien. Cette activité pourrait être l'embryon d'un projet futur.

Afrique francophone et Haïti
Un dynamisme qui gagne à être soutenu

Par ailleurs, notre intervention en matière de coopération avec des organisations syndicales africaines s'est structurée au fil des ans. Ainsi, jusqu'en 2011, nous avons mis en oeuvre, avec le soutien financier de l'ACDI, un programme de renforcement des capacités destiné à plusieurs organisations syndicales de l'Afrique francophone.

Malheureusement, ce programme a été mis à mal avec la cessation du financement de l'agence canadienne dont les activités relèvent désormais du ministère des Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada. Nous sommes donc en période de restructuration de notre programmation de coopération.

Les partenaires syndicaux avec lesquels nous collaborons ont tous comme principale force d'être des organisations nationales, représentatives de leurs membres et fonctionnant de manière démocratique. Le dynamisme dont elles font preuve est toutefois freiné par un manque flagrant de ressources et par les limitations à la fois économiques, sociales, politiques et culturelles. Comme ces organisations forment déjà l'avant-garde de la société civile dans leur pays respectif, et ce, malgré l'environnement souvent hostile dans lequel elles oeuvrent, elles sont en mesure de profiter grandement de nos compétences en matière d'éducation, de syndicalisme et de droit des femmes. C'est ce que nous mettons à leur disposition avec nos sessions de formation.

Ces projets, ont généralement pour buts d'accroître l'autofinancement et le fonctionnement démocratique des organisations partenaires, d'améliorer la formation de leurs dirigeants, de leur permettre de développer une plus grande cohérence dans leurs plans d'action et d'établir adéquatement des plans de recrutement et de financement.

On cherche également à ce que les femmes de ces organisations participent davantage aux activités syndicales et que leurs droits soient mieux défendus. Nous appuyons ces organisations de la société civile afin qu'elles puissent mieux participer au développement de la démocratie et à l'élaboration de politiques éducatives. Notre rôle consiste à leur apporter une expertise dans la gestion d'une organisation syndicale, en les appuyant et en portant une attention particulière à la formation. Ces objectifs sont réalisés avec la contribution de formatrices et de formateurs de la Centrale ainsi qu'avec un certain appui financier.

Pour l'heure, nous menons un projet avec le Syndicat des professeurs du Sénégal (SYPROS) dont l'objectif principal est d'augmenter le nombre de membres et de renforcer cette organisation, notamment par l'entremise d'une campagne de syndicalisation.

Nous travaillons aussi à un projet de mutuelle de protection sociale au Burkina Faso dans le cadre du Réseau Éducation et solidarité. Pour ce faire, nous collaborons avec notre partenaire syndical burkinabé, le SNEA-B.

 SYECO, syndicat des enseignants du Congo

Toujours en Afrique francophone, la CSQ participe à d'autres projets dans le cadre de son engagement au sein du CSFEF. Les activités réalisées récemment touchaient d'une part au renforcement de capacités en matière d'analyse des politiques publiques et d'intervention pour influencer les choix gouvernementaux.

D'autres formations visaient à doter chaque syndicat participant d'un site internet pour leur organisation et à mettre ces sites syndicaux en réseau avec celui du CSFEF. Au moment d'écrire ces lignes, 7 sites étaient fonctionnels: Cameroun, Togo, Congo, Gabon, RDC, et deux au Burkina Faso.


Valorisation du français en Asie du Sud-Est

Asie du Sud-Est

Du côté de l'Asie du Sud-Est, la CSQ poursuit en collaboration avec le MRIFCE du Québec, son engagement dans un projet de valorisation du français dans cette région du monde. Le projet VALOFRASE en est actuellement à sa deuxième phase, soit une phase de consolidation.

La première phase visait à renforcer les capacités des ministères de l'Éducation, des universités, écoles et instituts assurant la mise en œuvre des programmes liés à la langue française. La deuxième phase du projet soutient les politiques éducatives plurilingues permettant de valoriser l'enseignement du français, la formation et l'insertion professionnelle de francophones qualifiés à travers un dispositif multipartenarial régional. Outre le Québec, la France, la Communauté française de Belgique, les gouvernements du Vietnam, du Laos, du Cambodge, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) collaborent au projet.

 Coopération au Vietnam

En plus de participer aux instances de gouvernance du projet, la CSQ affecte des coopérants au Vietnam et au Laos pour travailler sur les aspects pédagogiques.