Pourquoi une consultation?

Quelle devrait être l’implication politique de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)? Cette question mérite d’être étudiée, discutée et validée1.

Le dernier congrès de la CSQ, qui s’est tenu en juin 2018, a adopté cette résolution :

Que notre centrale amorce, avec ses affiliés et ses membres, une nouvelle réflexion sur l’implication politique de la CSQ pendant une campagne électorale, pouvant notamment conduire à militer sur le terrain contre les politiques antisyndicales et antisociales2.

Une résolution semblable avait aussi été adoptée au Congrès de 2015, mais, en 2017, les affiliés ont choisi de reporter la réflexion.

Une consultation en deux phases

C’est dans ce cadre que nous proposons une démarche progressive avec une consultation en deux temps.

La première phase se déroulera entre les conseils généraux (CG) de mars et de mai 2019. L’objectif est de répondre à une seule question fondamentale sur l’opportunité pour la CSQ, au regard de ce qu’elle fait déjà, d’explorer d’autres options d’implications politiques.

Si la réponse est positive, une deuxième phase de consultation aura lieu entre les CG de mai et de décembre 2019. Différentes actions politiques seront alors proposées en détail et expliquées. La ligne du temps ci-bas schématise la démarche.

Les raisons de notre implication politique

Le rapport au politique et à la politique est une question complexe pour le mouvement syndical, et le degré d’implication politique de la Centrale est un questionnement qui revient de façon cyclique depuis sa fondation.

Lors de nos débats aux congrès de 2015 et de 2018, nos échanges ont fait ressortir le fait que nos conditions de travail sont le produit de décisions et de politiques gouvernementales. Seule, la négociation de conventions collectives ne peut tout faire, et ce, tant sur le plan des conditions de travail que des conditions de vie. Ainsi, l’action politique, qui prend différentes formes, devient alors un complément important pour influencer les décisions gouvernementales dans le sens du projet de société et des valeurs que l’on porte.

Ce que nous faisons actuellement

Par ses sorties médiatiques, le lobbying, sa participation à des commissions parlementaires, à des comités de travail et à des organismes de concertation, la CSQ s’occupe de politique tous les jours. De même, la Centrale fait de l’éducation et donne de l’information en ce qui a trait aux affaires sociopolitiques de différentes façons, et ce, auprès de ses affiliés et de ses membres.

Plus précisément, notre action politique autour des campagnes électorales québécoises se résume en six éléments :

  1. Contrer l’abstentionnisme et inviter nos membres à aller voter.
  2. Rejeter tout programme ou tout élément de programme qui portent atteinte à la survie et au développement des services publics, qui menacent les législations du travail et l’exercice des droits syndicaux, et qui accentuent les inégalités sociales.
  3. Produire un bilan du gouvernement sortant.
  4. Réaliser un comparatif des programmes des partis politiques ayant obtenu au moins 5 % des votes lors de la dernière élection, soit le Parti québécois (PQ), le Parti libéral du Québec (PLQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS).
  5. À partir de certains enjeux, concevoir un questionnaire à envoyer aux partis politiques et dont les réponses pourraient être publiées.
  6. Inviter les coordinations régionales et les syndicats locaux à utiliser ce questionnaire pour interpeller les candidates et candidats dans les différentes circonscriptions.

Au fédéral, notre action est plus circonscrite et se résume à produire un bilan du gouvernement sortant et à compiler un comparatif des programmes des principaux partis politiques.

Ce que nous pourrions faire

Sans entrer dans les détails, voici quelques exemples d’actions politiques stratégiques qui pourraient être proposées et expliquées au cours de la deuxième phase de consultation :

  1. Ajouter une colonne « enjeux de la CSQ » dans le comparatif des programmes des partis québécois.
  2. Inviter nos membres à choisir, dans chacune de leur circonscription, la candidate ou le candidat qui partage le plus possible les orientations défendues par la CSQ.
  3. Faire du lobbying politique intensif et rencontrer les députées et députés à l’Assemblée nationale entre les campagnes électorales.
  4. Organiser une campagne partisane précampagne électorale (par exemple : la campagne On mérite mieux [caquibéral/libécaquiste] d’une coalition de syndicats).
  5. Organiser une campagne thématique précampagne et pendant la campagne électorale (par exemple : On vire au vert des groupes environnementaux, Ensemble pour l’école publique).
  6. Créer une alliance à la carte avec un parti d’opposition en échange d’engagements précis.
  7. Prendre le leadership pour une révision de la Loi électorale et ainsi permettre une plus grande liberté d’expression pour les groupes de la société civile.

Consultation

À la lumière de l’actuelle implication politique de la Centrale, souhaitez-vous que la CSQ explore d’autres options d’implication politique pendant la période électorale?

Retournez le formulaire avant le1er mai 2020 à Chantal Aubin : aubin.chantal@lacsq.org

Document pertinent


1 L’outil de consultation peut être accompagné du document A1819-CG-035 – Implication politique de la CSQ : première discussion.
2 CENTRALE DES SYNDICATS DU QUÉBEC (2015). Décisions du 41e Congrès général de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) tenu du 26 au 29 juin 2015, à Québec, p. 10, D12711.