Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Nouvelle

Environnement

21 mars 2014

L'énergie et l'exploitation des ressources naturelles ont été au coeur du bilan environnemental du gouvernement Marois dès les premiers jours avec la fermeture de Gentilly-2 et l'annulation du prêt à la mine Asbestos.

MORATOIRE SUR LES GAZ DE SCHISTE…

Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement a imposé un moratoire complet sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Peu après, il en limite la portée et modifie le mandat de l’évaluation environnementale stratégique (ÉES) déjà en cours pour le ramener au seul gaz de schiste des basses terres du Saint-Laurent, excluant du débat le pétrole de schiste de la Gaspésie et de l’île d’Anticosti.

… ET OUVERTURE AU PÉTROLE

Le gouvernement Marois a ouvert la porte à l’exploration des gisements du pétrole de schiste sur l’île d’Anticosti et en Gaspésie sans attendre les résultats de l’ÉES qui démontrent que le contexte actuel « n’est pas favorable au développement » du gaz de schiste au Québec tant sur le plan économique qu’environnemental. En démontrant son ouverture à l’importation de pétrole albertain (inversion de l’oléoduc d’Enbridge, oléoduc Énergie Est), le gouvernement Marois a soufflé le chaud et le froid en matière d’énergie.

PROJETS HYDROÉLECTRIQUES ET ÉOLIENS

La décision de suspendre le développement des minicentrales hydroélectriques de 50 MW et moins a bien été reçue par le mouvement environnemental qui y a vu une façon efficace de mieux protéger les rivières. Parallèlement, et faisant fi des recommandations de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, le gouvernement Marois garde le cap avec les grands projets hydroélectriques et éoliens, même si ceux-ci feront perdre des millions de dollars à l’État québécois en raison de coûts de production surpassant considérablement le prix de vente de l’électricité sur les marchés.

LUTTE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Il y a lieu de se demander si les travaux de la Commission, De la réduction des gaz à effet de serre à l’indépendance énergétique du Québec, sauront éviter les incohérences qui se dessinent. Les quatre premiers objectifs de la future politique énergétique (réduction des émissions de gaz à effet de serre [GES], efficacité énergétique, production d’énergies renouvelables et mise en valeur des surplus d’énergie pour soutenir l’électrification des transports et le développement industriel) entrent potentiellement en conflit avec les deux derniers objectifs de la stratégie qui visent l’exploitation des hydrocarbures en sol québécois et la diversification des sources d’approvisionnement qui génèreront une part importante de GES. Dans ce contexte, on peut se questionner sur la capacité du gouvernement du Québec à atteindre les objectifs de réduction de 25 % des GES qu’il s’est fixés pour 2020.

MINES

Après plusieurs rebondissements, le gouvernement a réussi à faire adopter un projet de loi sur les mines dont la portée demeure bien en deçà des attentes suscitées en campagne électorale. Le nouveau régime de redevances minières est nettement moins ambitieux que promis pour les coffres de l’État. La loi 70 devra mieux s’articuler avec les autres lois existantes de façon à éviter des chevauchements de juridiction.

EAU ET MILIEUX HUMIDES

Le milieu environnemental reste sur sa faim en regard des actions gouvernementales qui devraient être prises afin de mieux protéger l’eau, la santé des populations et des écosystèmes. On souligne une première volteface dans le cas de la fluoration de l’eau que le Parti québécois avait promis d’arrêter, l’absence de mesures relatives à la protection des sources d’eau potable, à la réglementation des captages d’eau souterrains, à la lutte pour les cyanobactéries, à la protection des milieux humides et à la mise aux normes des usines d’eau municipales.

GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES

Le gouvernement Marois ajoute un nouveau volet à sa stratégie de gestion des matières résiduelles en proposant un plan d’action sur le recyclage des matières organiques qui vise à recycler 60 % des matières organiques d’ici 2015, un taux de 100 % étant souhaité à l’horizon de 2020. S’ajoutant au mandat de RECYCQUÉBEC, les mesures proposées favoriseront, si les budgets sont conséquents, la réduction des gaz à effet de serre tout en réduisant l’enfouissement des déchets.