Économie, emplois et développement régional

21 mars 2014

Si l'économie québécoise avait relativement bien résisté au début de la crise économique (2008-2010), la situation s'est détériorée à partir de 2010 avec un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) passant de 2,7 % en 2010 à 0,9 % en 2012. C'est dans ce contexte que le PQ prend le pouvoir en août 2012. Les défis sont énormes pour relancer l'économie québécoise.

UN PROJET PHARE DISPARAIT

Pierre angulaire du volet économique du programme électoral du PQ, la Banque de développement économique du Québec (BDEQ) n’a pu voir le jour. Regroupant les activités d’Investissement Québec et une partie des activités régionales du ministère des Finances et de l’Économie, la BDEQ devait réunir sous une même enseigne la plupart des services d’aide aux entreprises. Après l’étude en commission parlementaire, le PLQ et la CAQ se sont opposés à la création de la BDEQ, mettant fin abruptement à ce projet.

ÉVOLUTION DE L’EMPLOI EN DENTS DE SCIE

L’évolution inquiétante du marché de l’emploi pour les premiers mois de 2013 (recul de 45 000 emplois) a donné d’excellentes munitions aux partis de l’opposition pour critiquer la stratégie économique du gouvernement Marois. Heureusement, à partir du mois d’août 2013, la situation s’améliore, et le marché de l’emploi demeure, encore aujourd’hui, relativement sain.

POLITIQUE ÉCONOMIQUE

Devant répondre aux critiques de l’opposition, le gouvernement Marois a réagi par le dépôt d’une nouvelle politique économique ambitieuse intitulée Priorité emploi. Celle-ci, donnant une large place à l’intervention de l’État dans l’économie, a été bien accueillie tant par les milieux syndicaux que patronaux, car le contexte économique difficile et l’état inquiétant du marché de l’emploi justifiaient cette nouvelle intervention.

Cette politique économique, se déclinant en plusieurs actions et stratégies, est devenue la véritable colonne vertébrale du programme économique du gouvernement péquiste. Toutefois, il est déplorable qu’elle s’appuie beaucoup sur de nouveaux avantages aux entreprises, tels les tarifs préférentiels en électricité et de multiples crédits d’impôt.

Le Québec aurait tout avantage à privilégier des mesures favorisant la formation qualifiante de la main-d’oeuvre. À ce chapitre, le gouvernement travaille à « réclamer le rapatriement de l’assuranceemploi afin d’établir un parcours intégré de formation pour les travailleurs québécois ». La Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi a fait le tour du Québec pour récolter des pistes de solution au problème. Elle a toutefois été fortement critiquée par l’opposition officielle.

LES RESSOURCES NATURELLES AU COEUR DU DÉVELOPPEMENT

Dès la prise du pouvoir, la première ministre change le fameux Plan Nord pour le projet Nord pour tous. Il est toutefois bien difficile de distinguer les différences réelles entre les versions Charest et Marois du développement nordique du Québec.

Pour le gouvernement Marois, l’exploitation des ressources naturelles demeure l’un des secteurs clés de développement économique. Avec un marché des métaux déprimé depuis plusieurs mois, le ralentissement du secteur minier ne peut nullement être attribué, comme les minières le prétendent, à la bonification marginale des redevances minières.

La prise de participation de l’État dans les projets d’exploration du pétrole sur l’île d’Anticosti confirme le préjugé favorable du gouvernement envers l’exploitation des hydrocarbures au Québec. Le débat sur l’opportunité d’aller dans cette direction risque de se poursuivre encore quelque temps.

En résumé, l’exploitation des ressources naturelles et du potentiel énergétique québécois demeure, pour le gouvernement, un volet essentiel du développement économique régional.

Après dix-huit mois de gouvernance péquiste et six mois seulement après le dépôt d’une ambitieuse politique économique, l’horizon est un peu court pour tirer des conclusions probantes sur la performance économique de ce gouvernement. Certains projets, telles la Stratégie nationale de mobilité durable et la Stratégie d’électrification des transports, présentent un potentiel structurant pour l’économie québécoise alors que certaines mesures économiques, comme l’utilisation accrue des crédits d’impôt aux entreprises, demeurent discutables.