Les partenaires syndicaux solidaires !

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a reçu un appui bien senti de ses partenaires syndicaux, en ouverture du Congrès. Les présidents de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, et de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, ainsi que les présidentes du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau, et de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Carolle Dubé, se sont tour à tour adressés aux déléguées et délégués et aux représentantes et représentants de la Centrale. Ils ont multiplié les messages d'encouragements à continuer notre lutte contre les politiques d'austérité et nos efforts solidaires dans la défense des services publics.

116 dodos !

D'entrée de jeu, le président de la FTQ a mené une charge à fond de train contre le gouvernement conservateur, à Ottawa. « 116 dodos. 116 dodos avant la fin du règne de Stephen Harper », a lancé Daniel Boyer sous les applaudissements nourris de la salle. Il a donc invité les gens à se mobiliser dans toutes les régions et à ne négliger aucun effort pour mettre le gouvernement Harper à la porte. « Ce gouvernement nous a fait comprendre que si on ne se mêle pas de politique, la politique se mêle de nous. »

M. Boyer en a particulièrement contre le discours étroit selon lequel il ne faudrait pas transmettre un État endetté aux générations futures. « Il faudrait également penser à transmettre des services publics auxquels elles ont droit aux générations futures ! »

Le président de la FTQ n'a pas non plus ménagé le gouvernement libéral, à Québec. Pour lui, il faut s'opposer à la soi-disant majorité silencieuse de M. Couillard, qui est tellement silencieuse qu'on ne sait même pas combien de gens elle représente vraiment. « Nous, on est quelque chose comme quelques millions de personnes qui ne veulent pas se faire imposer des décisions. »

Reprenant le thème du Congrès de la CSQ, il a ajouté : « Si on ne veut pas nous entendre, on doit agir et riposter. » Puis, soulignant l'importance et le rôle des syndicats, il a conclu : « On constitue encore un rempart contre la bêtise et nous pouvons être fiers des valeurs qui nous animent ! »

Le gouvernement du 1 %

De son côté, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a souligné qu'il avait assisté à un congrès de la CEQ, durant les années 1980, alors qu'il militait dans le mouvement étudiant. Il se battait alors pour la gratuité scolaire et pour que les jeunes aient accès à l'enseignement supérieur. « 30 ans après, pourquoi on se bat ? On se bat encore pour que les fils et les filles des travailleurs et travailleuses puissent avoir accès à un système d'éducation de qualité. »

M. Létourneau a appelé les gens à se lever contre les gouvernements actuels, qui ne respectent pas la population. « Ce n'est pas le gouvernement du peuple par le peuple, comme le disait Michel Chartrand, c'est le gouvernement du 1 % des mieux nantis de notre société. Ceux qui concentrent la richesse. Ceux qui concentrent dans leurs mains tous les pouvoirs politiques. »

Devant ce véritable déni de démocratie, il ne faut pas baisser les bras. « On va être obligés de se battre encore pour faire comprendre au gouvernement, qu'il soit à Ottawa ou à Québec, qu'on ne peut pas diriger les affaires de l'État et les affaires de la société en général de façon aussi autocratique et de façon aussi autoritaire. » Dans ce contexte, il a appelé les syndicalistes non seulement à défendre les droits des travailleurs du secteur public, mais aussi à construire une société plus juste et plus équitable.

Proposer un discours alternatif

La présidente du SFPQ, Lucie Martineau, s'est désolée de constater à quel point le gouvernement néo-libéral en place à Québec attaque l'État et les services publics avec une férocité et une détermination sans pareil. « En 35 ans de militantisme, personnellement je n'ai jamais rencontré un gouvernement de la sorte. C'est un programme de destruction de nos outils collectifs. »

Selon elle, les attaques à saveur d'austérité minent la capacité d'action des syndicats et les forcent à revoir leurs pratiques et leurs façons de faire. « C'est donc avec conviction que nous devons agir et riposter, proposer un discours alternatif avec des faits, des études, des chiffres, mais surtout des positions publiques concrètes. » Elle a du même souffle souligné l'importance pour les syndicats de regrouper leurs énergies pour contrer le projet d'austérité du gouvernement. « C'est dans l'action collective que nous ferons reculer l'austérité et le mépris de ce gouvernement. Il faut s'unir et crier haut et fort : le peuple uni jamais ne sera vaincu. » Aux yeux de Mme Martineau, c'est ainsi que nous serons en mesure de faire valoir la justice et l'équité et d'exiger de nos gouvernements que nos élus répondent devant leurs patrons. « Et qui sont leurs patrons ? Ce sont nous, les citoyens ! »

S'attaquer aux mensonges

Enfin, la présidente de l'APTS, Carolle Dubé, a rappelé que le 23 juin était la Journée mondiale des services publics. Or, « les services publics sont bien malmenés par les temps qui courent, il s'agit d'un phénomène qu'on observe presque partout dans le monde. »

Pourtant, durant plusieurs décennies, le Québec a permis à sa population de bénéficier d'un remarquable filet social, qui a ouvert à plusieurs générations l'accès à un niveau de vie et à une éducation supérieure à la génération précédente. « Ce Québec qui tendait vers la réduction des inégalités fait aussi marche arrière. Les politiques d'austérité font des victimes tous les jours. »

Mme Dubé s'est ensuite attaquée au mensonge consistant à dire que seule l'administration sera affectée par les compressions et que les services seront maintenus comme tel. « Ce mensonge a été démasqué grâce à nous tous, qui sommes sortis dans les médias et dans les rues au cours des derniers mois. »

Toutefois, elle ajoute qu'il s'en trouve encore pour penser que les compressions sont inévitables, que le gouvernement n'a pas le choix en raison du déficit. « C'est à cet autre mensonge qu'il faut maintenant s'attaquer en priorité. » Au lieu de regarder du côté des dépenses, il faudrait regarder du côté des revenus. « Avec des politiques fiscales justes, le Québec pourrait financer des services publics de qualité, gratuits et universels, réduire les inégalités sociales et la pauvreté et améliorer les conditions d'exercice de nos membres. Ces messages, nous continuerons à les porter tous ensemble. »