Il faut être ouvert au changement !

Lyne Gravel et Océanne Ferland-Schwartz

S'il n'est pas facile d'être militant syndical en 2015, rien n'indique que les jeunes aient moins de propension à s'impliquer. Comment expliquer alors qu'ils ne soient pas plus présents ? Mélanie Laroche, professeure agrégée à l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal, travaille sur cette question depuis plus de sept ans. Selon elle, des solutions existent pour les intéresser et les impliquer dans l'action syndicale.

L'étude qu'elle a réalisée démontre que ce sont leurs conditions de travail, et non le fait d'être jeune en soi, qui les incitent à se rassembler. De plus, ils souhaitent que leur syndicat agisse sur leur précarité. Ils veulent aussi voir des résultats concrets : des combats plus locaux les intéresseront davantage que des luttes à long terme.

Par ailleurs, la chercheuse a insisté sur l'importance de revenir à un syndicalisme de base : un contact personnel, un nom, un visage, voilà ce qui les convaincra. Les syndicats doivent aussi prendre les moyens nécessaires pour que ce contact soit réalisable, notamment en renforçant les structures locales et en augmentant les libérations syndicales.

Si des structures favorisant l'implication de la relève sont déjà en place, les syndicats doivent aussi les inviter à participer aux décisions stratégiques et être ouverts à de nouvelles façons de faire. Mélanie Laroche a souligné également l'importance de leur offrir une éducation syndicale ne se limitant pas uniquement à des questions techniques, mais qui abordent aussi des enjeux politiques.

Enfin, elle rappela que des solutions existent pour faciliter la participation des jeunes : des services de garde disponibles lors les réunions, la réorganisation des tâches et des horaires à l'intérieur de l'exécutif syndical, la simplification de la structure syndicale, le retour aux petits rassemblements pour ne nommer que ces pistes de solution. Il faut être ouvert au changement !