Investissements en petite enfance

Une solution incomplète pour assurer la qualité, selon la CSQ

15 mai 2018

Montréal, le 15 mai 2018. – La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) réagissent à l’annonce du ministre Luc Fortin d’un investissement de 40,5 millions de dollars sur cinq ans découlant de la Stratégie relative aux services éducatifs offerts aux enfants de 0 à 8 ans. Bien que tout investissement en petite enfance soit évidemment bienvenu, la CSQ et la FIPEQ-CSQ ont certaines réserves quant aux mesures prévues.

Les RSG laissés de côté

D’abord, pour la Centrale, même si les investissements en infrastructure dans les CPE, notamment pour des projets d’aménagement des aires de jeux, constituent une bonne nouvelle, la vice-présidente, Sonia Éthier, déplore que l’appel de projets laisse les milieux familiaux régis de côté : « Les responsables de service de garde en milieu familial devraient également pouvoir bénéficier de ces sommes dans un souci d’assurer la sécurité et la qualité des services et de contribuer au développement global des enfants », soutient la leader syndicale.

Aucune obligation pour le privé

En ce qui concerne la mise en place de mesure d'évaluation de la qualité éducative dans les services de garde éducatifs à l'enfance, les garderies privées semblent encore s’en tirer à bon compte. « Est-ce que la qualité est vraiment la préoccupation majeure du ministre? On peut encore se poser la question... L’annonce d’aujourd’hui ne comporte aucune mesure pour obliger les garderies privées à agir sur la qualité de leur service », ajoute la vice-présidente.

Des intervenantes à consulter

Par ailleurs, selon la FIPEQ-CSQ, le programme d'aide financière destiné aux associations nationales de services de garde éducatifs à l'enfance pour évaluer la qualité éducative doit assurément être réalisé conjointement avec les intervenantes en petite enfance qui sont les expertes en la matière : « Nos responsables de services de garde en milieu familial régis et subventionnés et nos intervenantes en CPE doivent absolument être consultées pour s’assurer que les sommes allouées soient investies aux bons endroits. C’est une question de cohérence. Ce sont elles qui sont au premier plan pour identifier ce dont le milieu a réellement besoin, particulièrement en matière de qualité », soutien Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ.

La petite enfance comme enjeu électoral

Enfin, pour Sonia Éthier et Valérie Grenon, la petite enfance doit impérativement faire partie des enjeux de la prochaine campagne électorale :

« Ce milieu a été bien malmené durant les dernières années, avec des compressions sans précédent qui ont mis à mal le réseau public. Or, la petite enfance constitue le premier maillon de l’éducation et a un réel impact sur l’égalité des chances. Ce sont des valeurs mises de l’avant il y a 20 ans et si nous souhaitons, comme société, poursuivre dans cette voie, nous devons concentrer nos efforts sur le réseau public de services éducatifs à la petite enfance où la qualité demeure la priorité », conclut d’une même voix les leaders syndicales.

Rappelons que la FIPEQ-CSQ a tenu ce matin un débat sur la petite enfance entre les partis politiques québécois. Toutes les formations politiques ont accepté de prendre part au débat excepté le Parti libéral du Québec. Pour revoir le débat cliquer ici.

Profil de la CSQ

La CSQ représente plus de 200 000 membres, dont près de 130 000 dans le secteur public. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation et en petite enfance au Québec. La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) compte plus de 14 000 responsables d'un service de garde en milieu familial et travailleuses dans les installations des CPE.