Remaniement ministériel | La CSQ attend « les transformations » de pied ferme

11 octobre 2017

Montréal, le 11 octobre 2017. – À moins d’un an des élections, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) prend acte du remaniement ministériel de Philippe Couillard. La vice-présidente, Sonia Éthier, souhaite que ces changements se concrétisent en un réel changement de cap, notamment pour nos services publics.

Réinvestir dans les réseaux publics

Le nouveau ministre de la Famille, Luc Fortin, doit faire de notre réseau public de services de garde, en milieu familial et en CPE, sa grande priorité. « Cela veut dire : mettre fin à la dérive vers le privé, miser sur l’accessibilité, l’universalité et la qualité de notre réseau éducatif public en réinvestissant des montants significatifs pour en assurer le développement », soutient Sonia Éthier.

Par ailleurs, la CSQ trouve dommage que les responsabilités de la famille et de l’éducation soient scindées à nouveau entre deux ministres puisqu’elle avait salué qu’un seul titulaire ait les deux responsabilités dans un souci de continuité.

Toutefois, elle salue la stabilité en éducation, avec le maintien en poste du ministre Proulx : « Il pourra donc concentrer ses efforts sur les suites concrètes à donner à la politique sur la réussite éducative. Pour une véritable transformation, le gouvernement devra réinvestir massivement pour répondre aux besoins criants des élèves et soutenir le personnel de l’éducation. Le ministre devra également mettre de côté la gestion axée sur les résultats, la décentralisation et le recours à la sous-traitance », ajoute la vice-présidente.

En santé et services sociaux, comme l’a démontré récemment la protectrice du citoyen, la réforme du ministre Barrette fait beaucoup plus de mal que de bien. « Si Philippe Couillard veut du changement, il devra faire en sorte que le ministre de la Santé change d’attitude et surtout modifie son style de gestion vers une approche plus humaine dans le respect des patients et du personnel soignant. Un réinvestissement significatif est également nécessaire pour augmenter l’accès aux services. »

Des projets de loi à surveiller

Du côté de la condition féminine, la CSQ accueille positivement la nomination d’Hélène David déjà ministre responsable de l’Enseignement supérieur : « Nous suivrons de près la concrétisation de la stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment le projet de loi-cadre pour que l'égalité de fait devienne un droit. De plus, du côté de l’enseignement supérieur, nous surveillerons le projet de loi qui devrait découler de la stratégie pour prévenir et contrer les violences sexuelles en enseignement supérieur », souligne la vice-présidente.

En outre, bien qu’il n’y ait pas de changement du côté de la ministre du Travail, la vice-présidente de la CSQ espère que les modifications prévues à la Loi sur les normes se concrétiseront rapidement : « Dimanche, nous serons des milliers à marcher dans les rues pour un salaire minimum à 15 $ l’heure. Nous souhaitons que notre message soit clairement entendu par le gouvernement », ajoute Sonia Éthier.

Faire rayonner la culture

En culture et communications, la nouvelle ministre, Marie Montpetit, doit reconnaître à Télé-Québec son rôle de pierre angulaire dans le rayonnement de la culture québécoise et lui apporter un soutien financier substantiel afin d’améliorer notamment la visibilité des contenus de culture québécois francophones, sur Internet et les autres plateformes numériques. Rappelons que la CSQ avait dénoncé le fait que Télé-Québec était complètement occultée du projet de politique culturelle de son prédécesseur, Luc Fortin.

Une véritable transformation?

En terminant, la vice-présidente de la CSQ indique que les fameuses transformations de Philippe Couillard sont attendues de pied ferme : « Après des années d’austérité, espérons que le gouvernement se préoccupera enfin du bien-être de la population. Peut-on espérer un gouvernement libéral qui assumera pleinement ses responsabilités sociales et qui se donnera les moyens d’assurer des services publics de qualité plutôt que de se décharger de cette responsabilité aux mains du privé? C’est ce que nous verrons dans la prochaine année », conclut Sonia Éthier.