La CSQ et la FSQ-CSQ veulent des engagements fermes en santé

13 septembre 2018

Montréal, le 13 septembre 2018. – La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) demandent aux chefs des partis politiques au Québec de prendre quatre engagements qu’ils réaliseront dans les 100 premiers jours d’un éventuel gouvernement afin de mettre fin à la crise en cours dans le secteur de la santé.

Sous le thème « 100 jours pour la santé », la CSQ et la FSQ-CSQ ont identifié quatre mesures concrètes qui, si elles étaient adoptées rapidement, contribueraient à remettre notre système public de santé sur les rails :

1. rehausser et stabiliser dès maintenant le financement des établissements de santé afin qu’ils puissent afficher des postes à temps complet attrayants et corriger de façon durable les problèmes de pénurie qui accablent notre réseau de santé;

2. décentraliser la gestion des ressources humaines, redonner aux différents milieux de travail la capacité de gérer les horaires de travail en fonction des besoins spécifiques et de la réalité de chaque milieu, et cesser la gestion des horaires en ayant recours de façon systématique au temps supplémentaire;

3. émettre une directive ministérielle interdisant les exigences indécentes de flexibilité et de mobilité;

4. adopter une loi-cadre visant à promouvoir et à soutenir la conciliation famille-travail-études.

À la recherche d’une réelle volonté politique

La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, soutient qu’une bonne part des problèmes vécus dans le secteur de la santé peut être réglée s’il y a une réelle volonté politique du prochain premier ministre et de son gouvernement.

« Depuis le début de la campagne électorale, tous les partis politiques font des promesses en santé qui ne sont pas mauvaises en soi. Malheureusement, ils semblent oublier que, sans personnel supplémentaire, toutes ces promesses sont vaines et irréalisables. Le prochain gouvernement n’a pas d’autre choix que d’investir adéquatement, et de façon urgente et durable dans ses ressources humaines, s’il est sérieux dans sa volonté de régler la crise en santé », prévient la présidente de la CSQ.

Sonia Éthier met en garde les chefs des partis politiques en leur signifiant « qu’un bal de promesses, sans vision globale et sans budget suffisant pour s’adjoindre le personnel nécessaire, fait un bon spectacle, mais s’avère insensé, voire irresponsable ».

Une ressource précieuse à revaloriser

Renchérissant dans le même sens, la présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour, rappelle qu’un système de santé, ce sont des gens qui soignent d’autres gens. « Aussi, la ressource la plus précieuse de notre système public est son personnel. Malheureusement, les conditions de travail difficiles imposées aux travailleuses et aux travailleurs de la santé ont fait en sorte que plusieurs sont épuisés, malades et découragés. Ces gens ont perdu confiance dans le gouvernement, quel qu’il soit, et ont perdu tout espoir de voir leur situation s’améliorer. Il faut absolument changer le cours des choses », plaide Claire Montour.

Un sondage révélateur

Elle ajoute d’ailleurs que selon un sondage CROP réalisé au mois de mai dernier auprès de 1 002 personnes, 90 % des répondants se sont dits d’accord avec l’idée que le prochain gouvernement devrait agir pour contrer l’épuisement du personnel de la santé.

Une confiance à rebâtir

Cette dernière demande donc à tous les chefs politiques de s’engager, advenant l’élection de leur gouvernement, à respecter le personnel de la santé et à faire ce qu’il faut pour regagner sa confiance, en lui garantissant des conditions de travail décentes.

« Le manque d’effectifs, l’instabilité des équipes de soins et l’épuisement généralisé du personnel affectent indéniablement la qualité et la sécurité des soins. Cela est démontré par la hausse inquiétante des incidents et des accidents dans le réseau, et l’augmentation des plaintes et des signalements. Le prochain gouvernement n’a d’autre choix que d’investir adéquatement, et de façon urgente et durable dans ses ressources humaines. Il en va du bien-être et de la santé du personnel, mais également de la population », argumente Claire Montour.

Le courage d’accomplir des actions audacieuses

Les deux leaders syndicales demandent donc aux chefs des partis politiques de s’engager publiquement à réaliser les quatre actions demandées dans les 100 premiers jours de leur gouvernement.

« Le temps de la parlotte et des comités qui ne mènent à rien a assez duré. Nous ne voulons plus de politiciens qui se comportent en gestionnaires de la décroissance. Nous voulons de vrais leaders, qui ont une vision de l’avenir et qui ont le courage de prendre des mesures audacieuses pour sauver notre système public de santé dans l’intérêt de tous. Nous invitons d’ailleurs la population à appuyer nos demandes et à accentuer la pression sur les chefs des partis politiques pour qu’ils se compromettent d’ici le 1er octobre. Ensuite, nous surveillerons le prochain gouvernement pour qu’il remplisse ses engagements au cours des 100 premiers jours », conclut Sonia Éthier, présidente de la CSQ.

Pour consulter le site 100 jours pour la santé, cliquez ici.