Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Nouvelle

Commission de révision permanente des programmes

« Des propositions qui courtisent grossièrement le privé et la tarification »

23 novembre 2014

La CSQ constate la méconnaissance flagrante des besoins de la population dans les premières recommandations de la Commission de révision permanente des programmes.

Montréal, le 23 novembre 2014. – La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) constate la méconnaissance flagrante des besoins de la population dans les premières recommandations de la Commission de révision permanente des programmes. « Cette commission n'a qu'un seul objectif avoué, celui de sabrer dans les services publics pour répondre à l'obsession du déficit zéro des libéraux sans prendre en compte les besoins et l'amélioration de la qualité de vie de la population. Nous remarquons également une forte tendance de la Commission à privilégier le mode d'utilisateur-payeur », constate Louise Chabot, présidente de la CSQ.

Tarifs en services de garde

La proposition sur la modulation des tarifs des services de garde du gouvernement Couillard faisant l'unanimité contre elle, ce dernier a cru bon de nous sortir un monstre encore plus horrible... La stratégie de communication est simpliste. Or, en fin de compte, la proposition libérale partage les mêmes désavantages que celles proposées par la Commission. Toutes deux s'attaquent au principe de l'universalité des programmes publics au nom de l'idéologie de l'utilisateur payeur. Toutes deux constituent un incitatif afin de favoriser le secteur des garderies privées. Lucienne Robillard a reconnu elle-même vouloir imposer dans les services de garde un système à deux vitesses. Leur proposition de freiner la création de nouvelles places dans le public marque encore plus fortement cette volonté.

Il est triste de constater que les membres de la Commission ne comprennent pas le fonctionnement d'un service de garde éducatif subventionné dans la vraie vie. Il est normal que les parents veuillent conserver la place de leur enfant durant les vacances ou autres absences. « On ne déplace pas les enfants comme on déplace un bibelot. Leurs propositions ressemblent davantage à faire des services de garde un grand stationnement d'enfants plutôt que des lieux d'apprentissage et de développement de l'enfant. Le ratio d'une éducatrice pour 10 enfants, la présence réelle de l'enfant en service de garde, la hausse des tarifs, l'abandon des nouvelles places et le manque de courage du gouvernement Couillard a réclamé directement les transferts fédéraux liés aux frais de garderies illustrent bien le mépris de cette commission au bénéfice d'une véritable politique familiale au Québec », s'insurge la présidente de la Centrale.

La Commission épargne l'éducation et la santé

Dans l'entreprise libérale d'aplanir le modèle québécois en adaptant le financement des programmes au niveau de la moyenne canadienne, la commission Robillard a été forcée de constater que les réseaux de l'éducation et de la santé et des services sociaux se retrouvaient déjà en sous-financement par rapport aux autres provinces. Ainsi, la Commission n'a pas cru bon de suggérer des coupures dans ces secteurs névralgiques. Pourtant, le gouvernement Couillard continue à sabrer dans ces secteurs et y lance des révisions de structures autant nuisibles que mal éclairées.

Financement des écoles privées

Étrangement, face aux subventions des écoles privées qui sont nettement supérieures à celles versées dans les autres provinces, la Commission appelle à la « prudence ». Cette « prudence » semble ironique alors que tout le réseau de l'éducation est présentement sujet à une réforme à la « va-vite ». C'est ni plus ni moins qu'une autre démonstration de l'idéologie libérale de réduire les services publics au profit du secteur privé.

Un petit 10 millions qui fera mal au secteur communautaire

La proposition d'abolition du programme de Soutien à l'action bénévole qui représente une goutte d'eau dans le budget de l'État enlèvera des ressources supplémentaires au secteur communautaire et populaire qui souffre déjà de sous-financement. Le Québec perd une belle façon de favoriser la vitalité démocratique et l'implication des aînés ou des jeunes dans leur communauté via les différents groupes qui bénéficiaient de ce programme.

Pelletage vers les régions

La CSQ s'inquiète de l'impact négatif de différentes mesures sur les régions. La réduction des transferts aux municipalités et la révision du financement du secteur agricole vont peser sur le dos des employés municipaux dans l'ensemble du territoire et sur celui des agriculteurs. De plus, plusieurs campus universitaires en région bénéficient d'un apport de clientèle avec les étudiants étrangers. L'augmentation de leurs droits de scolarité pourrait les pénaliser.
« En fait, le véritable objectif de cet exercice public de la Commission ressemble plutôt à vouloir sortir le bonhomme Sept-Heure pour mieux faire avaler à la population les mesures que le gouvernement Couillard s'apprête à nous imposer. Le 29 novembre, la CSQ invite la population à venir exprimer leur attachement à des services publics de qualité, universels et accessibles », insiste Louise Chabot.

Profil de la CSQ

La CSQ représente plus de 200 000 membres, dont près de 130 000 font partie du personnel de l'éducation. Elle est l'organisation syndicale la plus importante en éducation et en petite enfance au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

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