« Protéger les services publics, c’est protéger le personnel qui y travaille! »

16 mars 2018

Montréal, le 19 mars 2018. – « L’actualité des dernières semaines a mis en évidence l’épuisement, la surcharge et la détresse des travailleuses et travailleurs du secteur public. Le gouvernement ne peut plus demeurer sourd à ces nombreux cris d’alarme. L’État a la responsabilité d’assurer des services publics de qualité à la population et, pour ce faire, il doit comme employeur prendre soin de celles et ceux qui les assurent. Après plusieurs années d’austérité, le gouvernement de Philippe Couillard doit, dans son prochain budget, se donner de vrais moyens pour remplir ses devoirs. »

Voilà le message que la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, adresse au gouvernement à quelques jours du dépôt d’un nouveau budget par le ministre des Finances, Carlos Leitao.

Personnel à bout de souffle

Louise Chabot déplore que depuis quatre ans, ce gouvernement, obnubilé par l’équilibre budgétaire, les baisses d’impôt et le remboursement de la dette, s’est totalement déresponsabilisé vis-à-vis de ses propres employés. « Pour pallier les coupes et l’effritement des services publics, nos membres ont redoublé d’ardeur et ont continué à offrir les meilleurs services qu’ils pouvaient. Mais cette situation ne peut plus durer, à un moment donné l’élastique pète! », souligne la présidente.

Les problèmes grandissants d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre, qui font de plus en plus la manchette, tant pour le réseau de l’éducation que pour celui de la santé, témoignent de la détérioration des conditions de travail. « Emploi-Québec souligne qu’une part importante des emplois québécois à pourvoir au cours de la période 2015-2024 le serait dans le secteur public. En continuant à détériorer les conditions de travail dans ce secteur, plutôt que de revaloriser les emplois, le Québec se dirige vers de graves problèmes pour l’avenir », explique la présidente de la Centrale.

Faire les bons choix

Alors que les surplus sont particulièrement importants, le gouvernement n’a plus d’excuses pour fuir ses responsabilités. Pourtant, il a choisi de consentir 3,5 milliards de dollars en baisses d’impôt et d’effectuer un remboursement de la dette au même moment où la mise à jour de novembre annonce un retour à l’austérité dès 2019-2020 », ajoute Louise Chabot.

En effet, rappelons que la croissance des dépenses de missions prévue varie entre 2,7 % et 2,2 % pour 2019-2020 et pour les deux années subséquentes.

« Au prochain budget, le gouvernement doit aller plus loin que quelques cadeaux en prévision des élections. Il faut un véritable plan de réinvestissement dans les services publics. Il doit rendre disponibles les sommes nécessaires afin d’attirer une relève suffisante dans les réseaux et d’assurer des conditions de travail décentes ainsi qu’une juste rémunération au personnel qui offre, sur une base quotidienne, les services essentiels à la population », conclut Louise Chabot.

Pour consulter le mémoire de la CSQ déposé lors des consultations prébudgétaires en janvier, cliquer ici.