Cégeps et universités

Quand le personnel de soutien a besoin de soutien…

18 mai 2017

Accepteriez-vous de travailler pendant des années, 3 jours sur 7, 4 heures par jour, pour un total de 12 heures par semaine, sans jamais obtenir un poste permanent?

Anne Dionne, présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ)

Accepteriez-vous de travailler pendant des années, 3 jours sur 7, 4 heures par jour, pour un total de 12 heures par semaine, sans jamais obtenir un poste permanent?

Voilà le genre de situation inacceptable que vivent plusieurs membres du personnel de soutien de nos cégeps et de nos universités.

Ceux-ci doivent composer chaque jour avec l’insécurité, l’instabilité, les horaires réduits, tout en accomplissant leurs tâches professionnelles qui s’alourdissent constamment. La situation dure depuis longtemps, mais elle s’est dégradée encore plus au cours des dernières années avec les politiques d’austérité.

Un personnel dont on ne peut se passer

Soyons francs : quand on pense éducation, on pense aux enseignants et aux étudiants. Rarement nous viendra à l’esprit le personnel de soutien, notamment les interprètes, les préposés à l’entretien, le personnel administratif, les techniciens de laboratoire, etc. Pourtant, ces gens sont essentiels pour soutenir nos cégeps et nos universités.

Pensons-y deux minutes : aucune rentrée ne serait possible sans la contribution du personnel de soutien en enseignement supérieur. C’est ainsi durant toute l’année : les interventions quotidiennes du personnel de soutien auprès des étudiants, des enseignants et des professionnels, ainsi que de la direction sont essentielles pour assurer le bon déroulement des activités dans nos établissements.

Une situation à corriger

Malgré cela, un grand nombre de ces travailleuses et travailleurs sont maintenus dans des conditions de travail déplorables. Bien que nos collèges et universités ne puissent se passer du personnel de soutien, les directions ne les traitent pas avec le respect qu’ils méritent. À preuve : plus souvent qu’autrement, ils sont les premières victimes des mesures d’austérité : postes abolis et création de postes occasionnels, sans égard aux conséquences en matière de santé mentale et physique sur les personnes touchées, sont devenus la norme.

On ne peut pas laisser la situation du personnel de soutien de nos cégeps et universités se détériorer ainsi.

Des solutions, ça presse

Il est essentiel et pressant de trouver des solutions à la précarité que nous vivons présentement, qui s’est installée depuis plusieurs années et qui semble constituer, malheureusement, le choix facile pour nos gouvernements et nos employeurs. Mais si nous ne réussissons pas à améliorer nos conditions d’emplois, c’est toute la société qui sera pénalisée.

Le personnel de soutien a aussi besoin de soutien, mettons fin à la précarité!