Centrale des syndicats du Québec (CSQ) - Nouvelle

Faire l’école buissonnière

20 juin 2019

Faire l’école buissonnière

Faire l’école buissonnière, c’est s’absenter de l’école ou du travail pour flâner ou aller se promener, mais il fut un temps où, au contraire, c’était s’y présenter. On raconte qu’au 16e siècle, les pasteurs luthériens, pour faire connaitre leur religion, devaient l’enseigner en cachette, à l’abri du clergé, qui, à cette époque, dirigeait même les écoles. C’est donc dans la nature, dans les bois, derrière les buissons, qu’ils tenaient des écoles clandestines, appelées écoles buissonnières. Pourrait-on dire alors que ces prêtres faisaient l’école buissonnière?

Bayer aux corneilles, ce n’est pas bâiller. Alors que bâiller, c’est « pousser un bâillement sous l’effet de l’ennui ou de la fatigue », bayer signifie « rester la bouche ouverte ». Ce vieux verbe ne s’emploie plus que dans bayer aux corneilles, c’est-à-dire : « rêvasser, perdre son temps à regarder en l’air niaisement ». La corneille de l’expression pourrait être autant l’oiseau que le fruit du cornouiller, tous deux assez peu prisés, l’un du chasseur et l’autre de l’amateur de fruits. On imagine donc quelqu’un en train de fixer une chose insignifiante. Ainsi, l’expression bâiller aux corneilles comme synonyme de « s’ennuyer » vient de la confusion de deux verbes et, par conséquent, n’existe pas.

Saviez-vous que…?

Dépaysement est intraduisible. Pour désigner le changement agréable d’occupation, d’habitudes, de mode de vie ou le sentiment plaisant que procure le fait de se retrouver dans un endroit différent, loin de ses repères, seul le français possède un mot précis. De la même manière, retrouvailles, se recroqueviller et affriolant sont des mots que les autres langues nous envient.

Sur ce, bon congé estival à toutes et tous.